Professeur Voilà-voilà

Professeur Voilà-voilà

De Franz Adam Beyerlein

Publié dans Simplicissimus N° 37, 7e année, du 9 décembre 1902
vous pouvez consulter la version allemande originale sur ce site

Nous avions fait sa connaissance pendant un bref séjour estival dans la Forêt Noire. En vérité, il ne s’appelait pas Voilà-voilà, mais Starke, il était professeur associé de philologie classique à l’université de Fribourg, sa spécialité étant Lysias. À cette époque, c’est ma femme qui lui avait donné le surnom de Voilà-voilà puisqu’au début de chaque conversation, il avait l’habitude de commencer ses répliques en concédant à voix douce « voilà-voilà ». Grâce à ce « voilà-voilà » il finissait par acquiescer à tout ce que les autres affirmaient, c’est uniquement lorsque la conversation tournait autour de la philologie classique qu’il osait exprimer sa propre opinion. Mais, dans ce cas, il la défendait vraiment becs et ongles, exactement comme le fait un véritable professeur allemand. Lire la suite

Publicités

Pique

Pique

Par Auer-Waldborn (pseudonyme de l’écrivain autrichien Arthur Zoglauer)

Publié dans Simplicissimus N° 6, 7e année, du 6 mai 1902
vous pouvez lire le texte en allemand sur ce site

Pique était un animal célèbre dans toute la ville. N’appartenait-il pas à Mika Duninska qui, depuis deux mois déjà, attirait tous les soirs la faune noctambule de Mitrovitza au Colisée.

Seul le diable sait d’où cet établissement enfumé, sale et jamais aéré tenait ce nom. Toujours est-il que son propriétaire était atteint de folie des grandeurs déjà pour la simple raison qu’il avait osé baptiser l’infâme piquette, provoquant systématiquement d’horribles maux de ventre au moins pendant trois jours d’affilée, du nom prestigieux de « champagne », c’est tout au moins ce qui était mentionné sur l’unique carte des vins, poisseuse comme le reste. Lire la suite

Les suicidaires

Les suicidaires

De Dr Kunoj

Publié dans Simplicissimus N° 52, 7e année, du 22 avril 1902
vous pouvez lire le texte en allemand sur ce site

Le soleil était déjà passablement haut sur l’horizon lorsque Théo, sifflant son teckel, quitta la maison par une porte latérale afin de faire le tour du domaine. À mi-chemin, il alluma un cigare Upmann, le seul qui trouvait encore grâce à ses yeux lorsque son état de santé laissait à désirer ce qui était le cas ce jour, à cause des événements de la veille. Lire la suite

Les dessins de la main de Rembrandt

Les dessins de la main de Rembrandt

De Gottlieb Heinrich Taube

Publié dans Simplicissimus N° 39, 6e année, du 17 décembre 1901
vous pouvez lire le texte en allemand sur ce site

Le baron et moi-même étions assis près de la cheminée de son salon, aménagé selon le plus pur style ‘sécession’, suivant l’expression courante de la bourgeoisie viennoise honorable.

J’étais en proie à un réel ennui, totalement incapable de surmonter l’agacement que m’occasionnait la tapisserie de soie rouge clair, escamotant toute l’ambiance de cette pièce. Elle n’avait coûté que six marks le mètre, m’avait confié le baron, cinq minutes seulement après mon arrivée dans sa maison. Tandis qu’il poursuivait ses insupportables conversations sur l’art, je mesurai d’un coup d’œil combien lui avait bien pu coûter la totalité de la surface murale qui s’étalait en face de moi. Au moment où je pensais avoir déterminé un résultat approximatif, je fus tiré de mes calculs par une question : « Ne voulez-vous pas que je vous montre les dessins de la main de Rembrandt qui sont en ma possession ? » Lire la suite

Jean

Jean

De Lothar Schmidt (pseudonyme de Lothar Goldschmidt 1862 – 1931)

Publié dans Simplicissimus N° 25, 3e année, du 17 septembre 1898
vous pouvez lire le texte en allemand sur ce site

I.

Les grappes de raisin autour de la maison du pasteur mûrissaient paisiblement. Entourée de ses hauts murs sombres, cette demeure représentait un havre de paix imprégné de piété sereine. Vue de l’extérieur, elle ressemblait à une prison, à l’intérieur cependant, grâce à son jardin, elle constituait un véritable paradis ensoleillé d’un calme vénérable. Lire la suite

Pourquoi je renonce à Airbnb – et pourquoi vous devriez en faire autant

Pourquoi je renonce à Airbnb – et pourquoi vous devriez en faire autant

Le texte ci-dessous est une traduction d'un article paru dans le 
Spiegel online du 20 août 2016
Vous trouverez le texte original en allemand à la fin de cet article.

De Nora Noll

Expérimentez un lieu comme si vous y habitiez. Voilà la promesse d’Airbnb qui nous appâte avec des images d’appartements anciens élégants, de vues urbaines sur les toits des immeubles à travers des panneaux laqués sépia ainsi que de personnes ayant l’air extrêmement heureuses. Pour moi, Airbnb symbolise cependant tout le contraire d’un voyage alternatif, il représente précisément l’image même du touriste beauf incolore entre tous. Lire la suite

L’Offrande expiatoire

L’Offrande expiatoire

De Clara Eysell-Kilburger

Publié dans Simplicissimus N° 40, 4e année, du 30 décembre 1899
vous pouvez lire le texte en allemand sur ce site

Une somptuosité feutrée, un rien douillette, imprègne l’élégant salon chaud, moelleux et confortable de la métropole. Quelques pièces singulières, particulièrement belles, rehaussent cet aménagement élégant et discret. Manifestement d’acquisition plus récente, elles font, au milieu des autres éléments de la décoration, quasiment office de pierres précieuses dans leur écrin. L’ensemble est enveloppé de l’air chaud, un peu oppressant, du chauffage central, mêlé à un délicat parfum d’intérieur. Lire la suite