Acide de bouc

Acide de bouc

De Gustav Meyrinck

Publié dans Simplicissimus N° 32, 7e année, du 4 novembre 1902
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Málaga est un endroit magnifique, il y fait néanmoins très chaud. Le soleil darde tout au long de la journée sur ses collines abruptes, faisant mûrir la vigne qui prospère sur les terrasses naturelles.

Sur la mer bleue et calme, les voiliers blancs se déplacent au loin, avançant comme autant de mouettes. Les gros moines là-haut dans l’abbaye d’Alcazaba sont devenus fiers et riches à cause du Guindre que désormais seuls les ducs consomment. Qui ignore encore le Guindre de l’abbaye d’Alcazaba ? Si corsé, si doux, si capiteux ; on ne parle que de lui à travers toute l’Espagne. Seules les personnalités distinguées du pays peuvent se permettre de le savourer dans leurs verres étincelants tant il est devenu précieux à l’instar d’un or liquide. Lire la suite

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Pique

Pique

Par Auer-Waldborn (pseudonyme de l’écrivain autrichien Arthur Zoglauer)

Publié dans Simplicissimus N° 6, 7e année, du 6 mai 1902
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Pique était un animal célèbre dans toute la ville. N’appartenait-il pas à Mika Duninska qui, depuis deux mois déjà, attirait tous les soirs la faune noctambule de Mitrovitza au Colisée.

Seul le diable sait d’où cet établissement enfumé, sale et jamais aéré tenait ce nom. Toujours est-il que son propriétaire était atteint de folie des grandeurs déjà pour la simple raison qu’il avait osé baptiser l’infâme piquette, provoquant systématiquement d’horribles maux de ventre au moins pendant trois jours d’affilée, du nom prestigieux de « champagne », c’est tout au moins ce qui était mentionné sur l’unique carte des vins, poisseuse comme le reste. Lire la suite

L’aventure

L’aventure

De Hans Ulrich Beer

Publié dans Simplicissimus N° 48, 6e année, du 18 février 1902
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« Si, si, Messieurs, moi aussi ! »

Les deux autres protagonistes n’en croient pas leurs oreilles. « Mais mon cher Collègue ?! » demanda le philologue, « Mais Monsieur Bierenstümpfel ?! » s’exclama le mathématicien.

Nonobstant, monsieur le proviseur Bierenstümpfel baissa le regard en souriant. C’était un étrange sourire, exprimant à la fois un doux triomphe et une honte embarrassée. Ce sourire était, certes, mal assorti à sa silhouette massive de taureau, mais il s’accordait au contraire à merveille à son doux visage replet de théologien. Lire la suite

Noël

Noël

Un récit de famille de Ludwig Thoma

Publié dans Simplicissimus N° 40, 6e année, du 24 décembre 1901
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Dans la famille du procureur général Saltenberger, les filles étaient au nombre de trois, Emmerentia, Rosalie, puis Marie.

Toutes les trois étaient au plus haut point aptes à renoncer au célibat, mais aussi réellement décidées à le faire.

Les fêtes de Noël approchant donnèrent aux parents l’idée que la meilleure solution consisterait à offrir des époux à leurs chères enfants, ils se mirent donc à réfléchir longuement à la façon la plus idoine de réaliser ce désir. Lire la suite

La lampe

La lampe

De Paul Busson

Publié dans Simplicissimus N° 42, 6e année, du 7 janvier 1902
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Kurt vient de leur lire sa dernière création, un drame en un acte vraiment fort intéressant et admirablement tourné.

L’époux de la jolie femme près de la cheminée serre de ses grandes mains osseuses celles de son hôte tout en balbutiant quelques paroles maladroites de félicitation. Lire la suite

Charles et Dorothy

Charles et Dorothy

Par Alfred Polgar

Publié dans Simplicissimus N° 34, 6e année, du 12 novembre 1901
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L’ennui, c’est bien connu, est le début de tout désamour. Le cerveau d’un être humain qui s’ennuie envoie son imagination en promenade… et lorsque c’est une femme qui envoie son esprit vagabonder, l’imagination affronte alors à tous les coups toutes sortes d’aventures les plus dangereuses. Elle peut, par exemple, rencontrer un monsieur ayant fait la cour à la femme en question d’une manière particulièrement chevaleresque grâce à ses beaux yeux il y a cinq ans dans la rue ou bien encore, elle tombe sur un certain nombre d’illusions de jeunesse qu’elle avait crues mortes depuis longtemps, en quelque sorte des rêves d’avenir d’autrefois. La dame se met alors à comparer le rêve d’avenir d’autrefois avec son présent actuel, c’est-à-dire elle confronte le monsieur d’il y a cinq ans avec l’individu qui est actuellement assis à côté d’elle et qui l’observe tendrement. Il est évidemment possible que le résultat de cette comparaison soit positif, je dis bien que c’est dans le domaine du possible ! Il demeure néanmoins que cette affaire est hautement risquée pour l’individu autorisant l’imagination de la jeune dame à aller flâner de la sorte. Lire la suite

Intrigue

Intrigue

Par Auguste Hauschner

 

Publié dans Simplicissimus N° 47, 5e année, du 12 février 1901
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Madame le consul Friesen
Madame le conseiller de commerce Eva Burgherr
Madame Hertha Krühle

C’est jour de réception chez madame le consul Friesen. Grand salon, extrêmement chargé, composé d’un assemblage de toutes sortes d’époques, aménagé dans le style nouveau riche. Un certain nombre de dames, réunies par groupes, sont assises autour de la table à thé. Un domestique sert le thé et les gâteaux. Des bribes de conversation circulent. Lire la suite