Pourquoi je renonce à Airbnb – et pourquoi vous devriez en faire autant

Pourquoi je renonce à Airbnb – et pourquoi vous devriez en faire autant

Le texte ci-dessous est une traduction d'un article paru dans le 
Spiegel online du 20 août 2016
Vous trouverez le texte original en allemand à la fin de cet article.

De Nora Noll

Expérimentez un lieu comme si vous y habitiez. Voilà la promesse d’Airbnb qui nous appâte avec des images d’appartements anciens élégants, de vues urbaines sur les toits des immeubles à travers des panneaux laqués sépia ainsi que de personnes ayant l’air extrêmement heureuses. Pour moi, Airbnb symbolise cependant tout le contraire d’un voyage alternatif, il représente précisément l’image même du touriste beauf incolore entre tous.

Airbnb vous offre un confort égal à celui de votre propre logement, d’après son slogan. Mais lorsque je suis en voyage, je n’ai justement pas envie d’emporter mon propre style d’habitation. Autrement, je resterais à la maison. Que m’importe un lit grande taille, un téléviseur et un pèse-personne dans la salle de bains alors que j’ai décidé d’aller visiter le monde, sans courir le risque de me plonger encore dans mon ordinateur portable ?

Non, le confort et l’aventure ne font pas bon ménage, pas plus que le segway et le saut à l’élastique. D’accord, une cuisine équipée d’un réfrigérateur peut être passablement utile même pour les aventuriers, mais celle-ci fait la plupart du temps aujourd’hui partie de l’équipement standard des auberges de jeunesse. Je n’ai pas tellement besoin de beaucoup plus, d’ailleurs je n’en veux pas non plus.

Grâce à Airbnb vous faites vraiment connaissance avec une ville ainsi que ses habitants ? Cela peut paraître possible, cependant la plupart des personnes proposant ces logements ne sont pas principalement intéressées par le fait de trouver de nouveaux amis. Ces gens veulent tout simplement de l’argent. C’est compréhensible, surtout compte tenu des loyers qui n’arrêtent pas d’augmenter dans des villes comme Londres ou Paris, certaines personnes sont même dépendantes de ces revenus supplémentaires pour pouvoir payer leur propre loyer.

Mais l’espoir de se faire servir des plats régionaux concoctés par les occupants, de passer les matinées ensemble à se donner mutuellement des cours de langue ou de fréquenter dans la soirée les bistrots favoris en compagnie de vos hôtes sera très vraisemblablement déçu.

Il n’y a pas que ma propre expérience qui me l’enseigne, l’annonce standard d’Airbnb, vantant le lave-linge, le wifi et les vélos de location, l’indique également. L’idée originale d’aller se coucher chez des étrangers et de se réveiller chez des amis a fait place à une exploitation commerciale. Je ne profite nullement des hôtes étrangers si je ne les rencontre qu’au moment de la remise des clefs.

Airbnb signifie voyager de manière alternative ? Très certainement, dans la mesure où l’on considère comme alternatif le fait que le touriste pousse les autochtones à vivre dans les banlieues. Bien évidemment, ce n’est pas de ta faute directe qu’un manque criant de logements et qu’un niveau de loyers de plus en plus fou chasse les couches plus démunies de la population en dehors des beaux quartiers.

Mais lorsque tu réserves pour quatre nuits une chambre qu’une étudiante pourrait habiter à ta place pendant trois ans, tu participes activement à l’embourgeoisement. Avec notre demande, nous permettons à des locataires de financer leur appartement grâce à des vacanciers, voire à certains d’entretenir plusieurs appartements grâce à Airbnb. Pour finir, nous vivrons un jour tous dans des villes mortes pleines d’appartements destinés aux vacances. Pour moi, il s’agit là d’un tourisme destructeur.

Donc, que faire ? Depuis quelques semaines, on peut découvrir sur les murs de Berlin de grandes affiches revêtues du logo caractéristique rond d’Airbnb et de slogans comme « Stop milking it ! » ou encore « Castrate Gentrification ! », une campagne guérilla contre la plate-forme de location d’appartements.

Voilà une solide alternative : Celui qui a envie de rencontres passionnantes, de longues nuits et de mezzanines bancales peut passer d’une auberge de jeunesse à une autre.

Sinon, il y a également le couchsurfing, c’est-à-dire la variante non commerciale ; en optant pour celle-ci, le touriste passe gratuitement quelques jours chez l’habitant tout en partageant des moments ensemble. Peut-être avec moins de confort, voire sur le matelas pneumatique au lieu du lit grande taille, mais avec la conscience tranquille et, en prime, de vraies aventures humaines et de rencontres.

https://twitter.com/hashtag/boycottairbnb?src=hash

 

 

Warum ich auf Airbnb verzichte – und ihr das auch tun solltet

20.08.2016, 12:55 · Aktualisiert: 20.08.2016, 17:53

Nora Noll

Erlebe einen Ort, als ob du dort wohnen würdest.” Das verspricht uns Airbnb und lockt mit Bildern von schicken Altbauwohnungen, urbanen Dach-Ausblicken in Sepia und überaus glücklich wirkenden Menschen. Für mich ist Airbnb aber das Gegenteil vom alternativen Reisen, der beigefarbene Spießer-Tourist unter allen Urlaubern.

Airbnb bietet den Komfort der eigenen Wohnung, heißt es.Ich will auf Reisen mein Wohngefühl nicht mitnehmen. Sonst würde ich ja zu Hause bleiben. Was bringt mir ein Kingsize-Bett, ein Fernseher und im Bad eine Körperwaage, wenn ich doch eigentlich raus in die Welt will – ohne Gefahr zu laufen, mal wieder vor meinem Laptop zu versacken?

Nein, Bequemlichkeit und Abenteuer lassen sich ebenso wenig verbinden wie Segways und Bungee-Jumping. Gut, eine Küche mit Kühlschrank kann auch für Abenteurer ganz nützlich sein, aber die gehört meistens zur Standardeinrichtung von Hostels dazu. Daneben brauche ich nicht viel mehr – und will es auch nicht.

Mit Airbnb lernst du eine Stadt und ihre Leute richtig kennen? Könnte man denken, aber tatsächlich sind die meisten Anbieter nicht primär daran interessiert, neue Freunde zu finden. Sie wollen einfach Geld. Gerade bei den steigenden Mietpreisen in Städten wie Paris oder London ist das verständlich, manche sind auf die Extra-Einnahmen durch die gelegentlichen Besucher angewiesen, um die eigene Miete bezahlen zu können.

Aber die Erwartung, mit heimischen Speisen bekocht zu werden und die Vormittage gemeinsam mit Tandem-Sprachkursen, die Abende in den Lieblingskneipen der Gastgeber zu verbringen, wird wahrscheinlich enttäuscht.

Das sagt nicht nur meine Erfahrung, das sagt auch die durchschnittliche Airbnb-Anzeige, die mit Waschmaschine, Wifi und Mietfahrrädern wirbt. Die ursprüngliche Idee, bei Fremden zu schlafen und bei Freunden aufzuwachen, ist der kommerziellen Nutzung gewichen. Ich habe nichts von einheimischen Gastgebern, wenn ich sie nur bei der Schlüsselübergabe zu Gesicht bekomme.

Airbnb bedeutet alternatives Reisen? Wenn man es für alternativ hält, als Tourist Einheimische an den Stadtrand zu drängen, dann auf jeden Fall. Natürlich bist du nicht direkt daran Schuld, dass akuter Wohnungsmangel und gleichzeitig ein immer verrückterer Mietspiegel ärmere Bevölkerungsschichten aus den schönen Vierteln vertreibt.

Aber wenn du für vier Nächte ein Zimmer buchst, was sonst eine Studentin für drei Jahre beziehen könnte, dann machst du mit bei der Gentrifizierung. Mit unserer Nachfrage sorgen wir dafür, dass sich Mieter ihre Wohnung mit Urlaubern finanzieren oder sogar mehrere Apartments mit Airbnb unterhalten. Am Ende leben wir in toten Städten voller Ferienwohnungen. Für mich ist das Tourismus, der zerstört.

Was also tun? Seit ein paar Wochen hängen in Berlin große Plakate mit dem charakteristisch geschwungenen Airbnb-A und Sprüchen wie “Stop milking it!” oder “Castrate Gentrification!” – eine Guerrilla-Kampagne gegen die Wohnungsplattform.

Publicités