La table de jeu

La table de jeu

De Raoul Auernheimer

Publié dans Simplicissimus N° 18, 5e année, du 24 juillet 1900
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Après avoir épousé en justes noces le dentiste Messerschmied, Renée choisit pour premier amant légitime Rudi Mohr, le mince architecte. Cependant, dès la fin de sa lune de miel, elle se rendit compte qu’elle s’était trompée à propos de l’architecte. Dans le fond, elle avait choisi un compagnon aussi ennuyeux et insignifiant que son propre époux, mis à part l’unique avantage qu’elle n’était pas mariée avec lui. Mais même cet avantage, il n’était pas seul à le posséder. Renée décida donc de le quitter.

Mais comment s’y prendre pour abandonner un amant ? Il est tout à fait possible de divorcer d’un époux, il s’agit là d’une chose très simple. Mais qui peut vous séparer d’un amant ? Dans ce cas, la loi n’intervient point. La femme doit alors s’en sortir toute seule à l’aide de son propre doigté et de sa propre intelligence. Renée réfléchissait donc des semaines entières à cet épineux problème.

Tout d’abord, elle commençait par réconcilier l’amant avec son époux. De cette manière, elle espérait placer les deux hommes sur un seul et même niveau. De cette humiliation de l’amant, elle en attendait beaucoup.

Cependant, ça n’était pas chose facile. Les deux hommes s’étaient déjà un peu brouillés au moment des fiançailles, ils avaient donc, depuis cette époque, conservé une certaine aversion l’un envers l’autre, ce qui tout au moins du point de vue de l’époux n’était pas tout à fait infondé. Au cours d’une soirée lors de laquelle elle avait donné rendez-vous à l’architecte, Renée réussit finalement à les duper en se présentant soudain devant l’architecte au bras de son époux. Il était alors impossible aux deux hommes d’éviter de se serrer la main, ne serait-ce que de façon guindée. Sur ce, Renée les quitta soudain afin de se saisir du bras d’un employé de banque très jeune, très poli et très blond, aux yeux de myosotis et affublé d’une tendre moustache, avec lequel elle se retira dans un coin isolé du salon en vue d’une conversation confidentielle.

Aussi bien que Rudi Mohr, l’époux suivait le couple des yeux. En tant que marins avisés qu’ils étaient tous deux, les deux hommes voyaient alors l’avenir du petit employé de banque se lever à l’horizon, tandis qu’ils pressentaient ce qui allait se produire désormais. Cependant, l’effet suscité était assez divergent chez l’un et chez l’autre.

L’architecte Mohr passait du vert au jaune de jalousie. Il n’était absolument pas en mesure d’admettre que son temps fût à présent terminé. Il faut bien dire que ce n’est généralement qu’à contrecœur qu’on est prêt à se l’avouer. Il s’approchait donc du couple plongé dans sa discussion, son sourire le plus amène aux lèvres, prêt à dégainer ses plaisanteries les plus spirituelles. Il désirait à tout prix se mêler à la conversation. Seulement, les deux autres protagonistes ne le voulaient pas. Nonchalamment, Rudi Mohr prit place à côté d’eux, mais, au bout d’un moment, le couple se leva afin de regagner un autre coin du salon. L’architecte tentait une nouvelle fois de se mêler à leur conversation. Mais pour la seconde fois, le couple finit par se retirer dans un autre coin. Il faut bien dire qu’il y avait encore un troisième coin dans ce salon. C’est alors que l’architecte comprit enfin que son temps était révolu. Son poing se serra alors douloureusement dans son gant glacé blanc, tandis que ses sourcils s’arquèrent.

En cet instant même, l’époux se tenait debout devant lui, lui adressant un sourire indiciblement amical et enjoué. Rudi Mohr fut saisi d’effroi à la vue de ce sourire puisqu’il se rendait compte qu’il s’agissait du sien, de son propre sourire satisfait d’avant-hier, que cet homme était en train de lui adresser. L’architecte avait alors vraiment l’impression que ce rictus, le sien propre d’alors, s’était désormais transporté sur le visage de l’époux.

À la vue de ce début de batifolage avec l’employé de banque, un changement corrélatif s’était produit dans l’âme de l’époux. Il avait déjà largement dépassé le stade de la jalousie mesquine. Il savait désormais qu’il y avait un temps pour chacun, mais également qu’à un moment donné, ce temps serait révolu pour tous. Même lui avait pu en profiter en son temps ! Mais le fait que le temps de l’architecte était désormais révolu emplissait le dentiste d’une fierté joyeuse. En observant ses tentatives de se rapprocher du couple en bavardage, son âme jubilait, emplie d’une joie sournoise. Face à cet architecte, il avait toujours éprouvé un sourd sentiment d’infériorité étrange. Il sentait que cet homme lui était supérieur, c’était comme si l’autre se trouvait sur un niveau plus élevé tandis que lui-même était tout en bas. C’est ainsi qu’il vivait cet abaissement de son rival comme sa propre ascension. Sa femme s’était lassée de celui-là sans même avoir été marié avec lui. Que se serait-il passé s’ils avaient été mariés ? Une sorte de fierté empreinte d’ivresse s’empara alors de lui.

C’est pour cette raison qu’il s’était approché de son ancien rival avec un sourire si incroyablement accueillant. C’est également pourquoi il posa sa main de manière quasi amicale sur le bras de l’architecte en s’adressant à lui :

« Vous avez l’air de vous ennuyer, mon cher Monsieur ! Dans la pièce à côté, des tables de jeu ont été préparées. Voudriez-vous faire une petite partie avec moi ? »

L’architecte devina ses intentions. Il était cependant bien trop intelligent et trop vaniteux pour ne pas faire contre mauvaise fortune bon cœur. Il pensait intérieurement : Tiens, tiens, tu me prends d’ores et déjà pour si inoffensif que tu viens à présent à ma rencontre. Tu pourrais te tromper lourdement. Je suis loin d’avoir perdu tous mes crochets venimeux… C’est uniquement dans le but de prouver incidemment à l’époux que son amabilité était prématurée qu’il acceptait d’entamer une petite partie de tarot à deux, faisant mine d’être de bonne humeur.

Les deux messieurs se retirèrent donc à la table de jeu. L’époux distribua poliment le premier jeu. Rudi Mohr souriait alors convulsivement, c’est que dès le début de la partie, Renée faisait son apparition au bras de l’employé de banque. Lorsqu’elle aperçut les deux joueurs, elle se mit à sourire à son tour. Son époux souriait également. Finalement, même l’employé de banque commença à sourire, quoiqu’un peu timidement.

« La table de jeu ! » pensa alors Renée, « c’est elle qui offrira la solution à mon problème. Elle est le symbole même du divorce discret d’avec l’amant. Elle représente le lieu de dépôt des superflus, elle est le symbole même de la gestion citoyenne des émérites des tempêtes et des guerres de l’amour… »

Puis, adressant un signe de tête approbateur aux deux hommes, elle quitta la pièce au bras de son chevalier servant tout en faisant froufrouter ses vêtements et non sans les avoir encouragés d’un : « Voilà qui est bien… »

Rudi Mohr perdait jeu sur jeu. L’époux devenait de plus en plus enjoué. C’est avec un certain délice qu’il se remémorait à présent un épisode de l’époque d’avant ses fiançailles où il était obligé de jouer au tarot avec son beau-père tandis que le beau Rudi faisait la cour à sa Renée. À cette époque, c’était lui qui avait perdu, désormais c’est l’architecte qui perdait. Il y avait donc, Dieu merci, encore une justice !

Monsieur Mohr perdait tant et tant en cette nuit-là que rien que les convenances obligeaient le dentiste à lui offrir une revanche. Il l’invita donc chez lui pour le dimanche suivant, dans l’après-midi. Renée insistait : « Vous viendrez donc sans faute ? » Cependant, Rudi ne voulait point. En tête à tête dans les vestiaires, Renée lui expliquait cependant que s’il ne venait pas, il serait désormais privé du plaisir de la voir, puisqu’à l’avenir il ne pourrait la rencontrer qu’à son domicile. C’est alors que Rudi Mohr réalisa avec une énorme peine qu’il ne faisait désormais plus partie de ceux pour qui Renée était visible en-dehors de chez elle. Il décida donc de profiter de cette invitation et de constituer le partenaire de jeu de son époux le temps qu’elle aurait surmonté son irritation, qu’il prenait pour passagère, jugeant qu’il trouverait bien une occasion de reconquérir sa position d’avant. Car il aimait Renée. C’est maintenant, au moment où elle le délaissait, qu’il le ressentait clairement.

Le dimanche suivant, chez Renée, la table de jeu était prête. Lorsque l’architecte se présenta, il fut reçu par la maîtresse de maison. Portant une robe couleur lavande, elle était extraordinairement belle. Jamais elle ne lui avait paru aussi belle qu’en cette journée. Elle ne lui laissa cependant pas le temps de réfléchir à sa beauté. Elle le pressa de se rendre dans le salon où le dentiste attendait déjà son partenaire à la table verte. Elle enfonça l’architecte dans un fauteuil, lui fourrant les cartes en main. Rudi Mohr l’observait d’un air effaré. Pour quelle raison pouvait-elle donc être pressée à ce point ?

Au terme de trois parties, il sut enfin la raison de son impatience. Quelqu’un sonna, puis, peu après, l’employé de banque blond apparut sur le seuil de la porte, un doux sourire aux lèvres, accompagné par la maîtresse de maison. L’architecte eut un tressaillement, tandis que l’époux indiqua d’une voix aimable sans interrompre son jeu : « C’est à vous de jouer. »

Jouant tout au long de l’après-midi, les deux hommes étaient donc assis en silence à la table de jeu, l’ami de la maison, Rudi Mohr, dans une sorte de rage sourde, l’époux d’excellente humeur, tandis que Renée jouait de la musique et faisait la conversation avec son nouveau favori dans le petit salon à côté.

Au cours de chacun des dimanches suivants, cette même scène se répétait désormais, tout au long de l’hiver : Lorsque Rudi Mohr se présentait, il savait qu’il allait trouver l’époux installé devant la table verte déjà préparée, battant les cartes d’un air préoccupé, son cigare fiché au coin de la bouche. Il savait aussi qu’au cours de la demi-heure suivante, l’employé de banque ferait son apparition, un sourire timide au coin des lèvres, ce sourire devenant néanmoins sensiblement plus confiant chaque semaine, puis qu’ensuite ce dernier allait se retirer aussitôt en compagnie de la maîtresse de maison dans le salon au piano.

Tout cela avait progressivement pris un caractère habituel. Finalement, aucun des protagonistes concernés ne s’étonnait plus de cette organisation, ni l’époux, que plus rien ne surprenait depuis des années déjà, ni l’employé de banque, devenu très confiant au cours de cet hiver, jusqu’à, finalement, un beau dimanche du mois de mars, ne plus estimer nécessaire de sourire en entrant, ni même pas l’architecte qui s’était finalement résigné avec une belle impassibilité à son rôle de joueur de cartes à la table de jeu. C’est seulement dans les moments où l’employé de banque venait contempler les joueurs d’un air un tantinet dédaigneux, de ci de là, le temps de fumer une cigarette, que Rudi Mohr avait pris pour habitude de le scruter avec un regard qui en dit long tout en dissimulant son léger sourire sous sa barbe. Lorsque, de temps à autre, un mot isolé ou un fragment du rire provenant de la conversation des deux autres dans la pièce à côté parvenait jusqu’à la table de jeu, l’époux et l’ami de la maison avaient pris pour l’habitude de se lancer en silence un regard éloquent.

Au moment où l’hiver touchait à sa fin, l’employé de banque rejoignait de plus en plus fréquemment les deux joueurs afin de contempler leur jeu. Renée introduisit ensuite un nouvel hôte chez elle lorsque le printemps fit son apparition. Il s’agissait d’un officier, un capitaine d’infanterie, qui n’était plus tout à fait jeune, déjà un peu éprouvé par les fatigues de la paix, qui affichait une calvitie blonde et les yeux embrumés typiques d’un habitué des cafés.

Rudi Mohr observait le nouveau venu avec un certain intérêt :

« Qui est-ce ? » demanda-t-il au mari.

« Une connaissance, » répondit celui-ci, puis l’instant d’après : « C’est à vous de jouer. »

L’employé de banque ne semblait pas particulièrement ravi de la présence de ce nouveau visiteur. Il était même visiblement mal à l’aise lorsque Renée le conduisit à la table de jeu tout en lui demandant :

« Ne jouez-vous donc pas également au tarot ? »

« En effet, » répondit-il, troublé.

« Eh bien, jouez donc avec eux ! » lui proposa Renée.

« Je vous en prie ! » déclara l’époux.

« Je vous en prie ! » renchérit l’architecte.

Visiblement gêné, l’employé de banque prit alors place à la table de jeu. Les deux partenaires habituels échangèrent un regard tout sourire. Puis les deux hommes se mirent à observer avec beaucoup de plaisir l’employé de banque qui commençait à distribuer nerveusement les cartes. Finalement, Rudi Mohr trouvait le mot approprié pour désigner la situation actuelle en disant :

« Au moins, nous sommes trois à présent. »

De nouveau, pendant des mois, le salon de Renée ne variait pas d’aspect. Tout était comme avant, à la seule exception près que désormais trois personnes étaient assises à la table de jeu tandis que l’officier avait pris la position de l’employé de banque derrière le piano. Il s’y était désormais confortablement installé, faisant la cour à la belle femme avec sa voix grinçante et son rire criard, tandis que du salon à côté leur parvenait le bruit régulier des cartes qui tombaient, représentant un accompagnement constant et régulier des mélodies jouées au piano qui se succédaient.

Un beau jour, après avoir observé pendant un certain temps le couple dans le salon d’à côté d’un air songeur, Rudi Mohr déclara en s’adressant à ses partenaires : « Si cela se trouve, l’officier joue également au tarot, »

« Certainement, » répondit l’employé de banque qui s’était à présent adapté avec passablement d’humour à son rôle à la table de jeu.

Cependant, le maître de maison, nullement d’humeur à plaisanter ce jour-là, s’adressa presqu’avec sévérité à l’employé de banque en lui disant :

« C’est à vous de jouer. »

Lors d’une belle journée d’été, le trio des cocus se retrouvait comme à l’accoutumée à la table de jeu, cependant Renée n’était pas présente à la maison. Monsieur Messerschmied déclara que son épouse se trouvait à présent chez une amie, mais qu’elle serait de retour pour le thé. L’heure du thé était depuis longtemps passée, cependant madame Renée n’était pas encore revenue. En revanche, l’officier se présenta, semblant très offusqué du fait de ne pas rencontrer la maîtresse de maison chez elle. Le dentiste excusa sa femme aussi bien qu’il pût tout en priant l’officier de prendre patience. Ces messieurs reprirent donc leurs cartes, l’officier approcha sa chaise de la table de jeu et observait le jeu avec l’expression sombre du commandant irrité. Tous se taisaient à présent. Après un laps de temps, Rudi Mohr demanda :

« Peut-être Monsieur l’officier joue-t-il également au tarot ? »

« Oh oui, » répondit l’officier.

« Eh bien, » rétorqua le maître de maison avec une belle simplicité, « dans ce cas, jouons donc à quatre. »

L’employé de banque souriait poliment, ils commençaient donc un jeu à quatre. Cependant, l’officier paraissait nerveux, distrait, voire contrarié, consultant sa montre au terme de chaque jeu.

« Diable, où peut bien être votre épouse ! » demanda-t-il au maître de maison.

Le dentiste haussa les épaules.

L’officier commettait par la suite un certain nombre d’erreurs de jeu qui affectaient également Rudi Mohr.

« Excusez-moi, » dit-il à l’architecte. « Je suis un peu distrait aujourd’hui. »

« C’est toujours le cas, » répondit aimablement monsieur Mohr, « lorsque l’on commence à jouer avec de nouveaux partenaires. On a du mal à se comprendre au début. Vous allez voir, Monsieur l’officier, en jouant plus fréquemment ensemble, nous nous entendrons à merveille. »

Six heures sonnaient, puis six heures et demie, puis sept… Renée ne rentrait toujours pas. L’officier devenait de plus en plus inquiet. Puis finalement, il se leva d’un bond.

« Qu’avez-vous donc ? » demanda le maître de maison.

« Cela ne me plaît point, » répondit l’officier, les sourcils froncés, « que votre épouse tarde à ce point… »

Un silence se produisit. Le maître de maison se leva lentement, Rudi Mohr fit de même, finalement l’employé de banque se mit également debout. Les quatre hommes se trouvaient alors debout aux quatre coins de la table de jeu, se scrutant en silence les yeux dans les yeux. C’est alors que le dentiste, l’architecte, l’employé de banque ainsi que l’officier eurent la même impression au même moment : Cette femme nous trompe.

L’officier fit une proposition :

« Allons la chercher, » suggéra-t-il.

Ces messieurs étaient d’accord. Mais au moment de descendre l’escalier, ils tombèrent soudain sur Renée qui, faisant face à ces quatre visages tellement empreints de sérieux, leur demanda joyeusement : « Qu’avez-vous donc ? » Un jeune homme l’accompagnait, il était noir comme la poix, il avait des yeux noirs de jais et des dents de nacre. Renée le présenta : « Monsieur Corallo, il est ténor. Monsieur a eu l’amabilité de me raccompagner ici. »

Le dentiste, l’architecte, l’employé de banque ainsi que l’officier s’inclinaient en silence. Monsieur Corallo montrait ses dents en souriant poliment.

Ces messieurs se retiraient de nouveau à leur table de jeu. L’officier fit mine de s’en éclipser, mais Renée lui conseilla sur un ton qui n’autorisait aucune fausse interprétation : « Mais continuez donc de jouer, je vous en prie. » Sur ce, elle se retira en compagnie du ténor dans le petit salon au piano.

L’officier était d’une nature violente. Il n’avait de cesse de bouger dans tous les sens sur sa chaise, il faisait du bruit avec ses boutons de manchette, mordillant rageusement son cigare. Finalement, il s’adressa d’un air hargneux au maître de maison :

« Vous savez, en fin de compte cette table de jeu est bien trop petite pour quatre personnes. »

Le maître de maison lui répondit tranquillement : « C’est à vous de jouer. »

Cependant, Rudi Mohr s’était levé, un sourire aux lèvres qui exprimait la grande expérience d’un amour déjà surmonté : « Je laisse la place à ces messieurs, » indiqua-t-il, « j’ai de toute façon encore une commission à faire. Bonne soirée. Ce fut un plaisir pour moi, messieurs. » Sur ce, il s’en alla.

Deux jours plus tard, Renée fêtait son anniversaire. Tôt dans la matinée déjà, un livreur transportait quelque chose en haut de l’escalier, il s’agissait d’un grand objet lourd, emballé dans du papier. Il lui était expédié de la part de Rudi Mohr. Renée ouvrit avec curiosité la lettre jointe à la livraison.

« Chère Madame ! Eu égard de l’importance qu’a pris la partie de tarot au cours de cette année dans votre maison si accueillante, je me permets de vous offrir une deuxième table de jeu.

Rudi Mohr. »