Simplicissimus

Le flet frit

Publié dans Simplicissimus N° 2, 1ère année, du 11 avril 1896
vous pouvez lire le texte en allemand sur ce site

Poème dansant d’un sens « profond »

De Paul Scheerbart

Le flet frit est assis sur le canapé familial de soie jaune et réfléchit – réfléchit longuement.
Soudain, il se lève d’un bond, observant d’un regard pénétrant saint Népomucène qui se balance légèrement sur son fauteuil à bascule.
Puis, tout en traversant la pièce en dansant sur sa queue croustillante, il s’écrie :
« Népomucène ! C’est toi qui devrais devenir empereur de la Pangermanie – réellement ! Vraiment ! »
« Tu as » répond Népomucène, « décidément trop de beurre frit dans la tête. »
Le flet frit saute sur la table et chante la Marseillaise.
C’est alors que saint Népomucène se met en colère et frappe du poing sur la table.
Que se passe-t-il ?
La lampe tombe et explose.
Tout brûle et meurt.
Les cendres ne donnent pas le moindre signe de vie.
Ces faits démontrent de nouveau l’immense pouvoir de destruction de la colère.

 

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