Le Viagra vegan

 

Le texte ci-dessous est une traduction d'un article paru dans la
Süddeutsche Zeitung online du 24 août 2015
Vous trouverez le texte original en allemand à la fin de cet article.

Le Viagra vegan

Süddeutsche Zeitung online 24 août 2015

Une chronique de Till Raether

La consommation de céleri libère manifestement chez l’homme des phéromones ayant un effet plus qu’excitant sur la femme. Notre chroniqueur soupçonne : l’homme à croquer est en vérité l’homme qui croque !

La branche de céleri est la cigarette du vingt-et-unième siècle. Si autrefois, dans les temps anciens et obscurs, fumer était considéré comme une occupation érotique et sexuellement chargée, de nos jours il devient évident que c’est la branche de céleri qui s’est transformée en véritable tige sexuelle.

Le médecin américain Alan Hirsch a découvert que la consommation ne serait-ce que d’une seule branche de céleri augmente l’attractivité des hommes et il a décrit ce phénomène dans son livre « Scentsational Sex » (sous-titré : « Le secret de l’utilisation des arômes pour favoriser l’excitation »). « Lorsque l’homme mâche une branche de céleri », explique Hirsch, « il libère des molécules d’androsténone et d’androsténol dans la bouche. Ces phéromones passent en remontant dans le pharynx pour atteindre le nez où elles provoquent une sensation d’excitation incitant le corps à émettre des odeurs et des signaux qui vous rendent plus attrayants auprès des femmes. » Autrement dit et, formulant cette description purement scientifique d’une manière un peu plus populaire : lorsqu’un homme grignote du céleri, il se perçoit comme sexuellement attrayant et il va aussi finir par produire cet effet.

En agriculture, le processus botanique de forçage à l’aide duquel le céleri-branche est obtenu s’appelle d’ailleurs étiolement, il provoque un allongement des tiges ce qui sur la trame du potentiel d’excitation de notre ombellifère populaire est bien entendu incroyablement évident. Tu parles, si « la nature n’entend pas la plaisanterie » (Goethe).

Mais la recherche se heurte-t-elle vraiment ici aux limites de la connaissance ? N’est-ce pas plutôt déjà l’impression visuelle en soi de l’homme mâchant nonchalamment du céleri qui provoque l’effet érotisant ou si on veut étiolisant ? Que cela serait bien si à l’avenir les hommes affichant une mine lascive étaient en train de grignoter des branches de céleri dans des bars à salade officiels ou, à l’occasion d’anniversaires, se servant sur des petites tables à apéritif couvertes de snacks bons pour la santé, tout en léchant la sauce au yaourt des commissures des lèvres d’un air prometteur. Ou alors si, tôt ou tard, la pièce dédiée au céleri remplaçait la salle des fumeurs dans les bars et les clubs, les hommes y seraient alors confortablement installés en train de grignoter la tige verte si sexy, ces pousses blafardes de « la plante herbacée pérenne » comme ce légume est ainsi tendrement qualifié par les biologistes.

Si le céleri ainsi que les hommes mâchonnant icelui devenaient enfin le sexe-symbole par excellence cela cadrerait à merveille avec un monde regorgeant de bâtonnets de poissons à base de céréales complètes, de ketchup biologique ainsi que de cordons bleus végétariens. La vision d’un avenir accompagné de ce doux bruit croquant crac, crac naissant au moment de la dégustation du céleri s’impose, rappelant précisément le souvenir du lapin, emblème d’une sexualité dithyrambique par excellence.

Il n’est d’ailleurs pas dit que l’effet décrit par le docteur Hirsch se produise lorsque l’on essaie de le provoquer à l’aide de céleri-rave. Certes, la chose s’avérerait peu pratique lors des sorties, mais elle vaut naturellement la peine d’être essayée.

 

Dies ist der Originalartikel der in der
Süddeutschen Zeitung online 
vom 24. August 2015 erschienen ist

Veganes Viagra

Süddeustsche Zeitung online 24. August 2015

Von Till Raether

Der Verzehr von Sellerie setzt beim Mann nachweislich Pheromone frei, die auf Frauen, nun ja, »angeilend« wirken. Unser Kolumnist ahnt: Der knackige Mann ist in Wahrheit der knackende Mann!

Die Selleriestange ist die Zigarette des 21. Jahrhunderts. Galt früher, in unaufgeklärteren Zeiten, Rauchen als die erotische und sexuell aufgeladene Tätigkeit schlechthin, so zeigt sich nun, dass die Selleriestange der wahre Sex-Stengel ist.

Der Verzehr schon einer einzigen Selleriestange steigert die sexuelle Attraktivität von Männern, hat der amerikanische Arzt Alan Hirsch herausgefunden und in seinem Buch »Scentsational Sex« beschrieben (Untertitel: »Der geheime Weg vom Aroma zur Erregung«). »Wenn man eine Selleriestange kaut«, so Hirsch, »setzt man Androstenon- und Androstenol-Geruchsmoleküle im Mund frei. Diese Pheromone gelangen über den Rachen hinauf in die Nase, wo sie ein Erregungsgefühl erzeugen, das den Körper anregt, Gerüche und Signale auszusenden, die einen attraktiver für Frauen machen.« Oder, um diese streng wissenschaftliche Beschreibung ein wenig populärer zu formulieren: Wenn ein Mann Sellerie knabbert, fühlt er sich sexy und wirkt dadurch dann auch so.

Der botanische Prozess, mit Hilfe dessen in der Landwirtschaft Stangensellerie angebaut wird, heißt übrigens »Vergeilung«, was vor dem Hintergrund des Erregungspotenzials unseres beliebten Doldenblütlers natürlich außerordentlich sinnfällig ist. Von wegen »Die Natur versteht keinen Spaß« (Goethe).

Aber ist die Forschung hier aber wirklich schon an die Grenzen der Erkenntnis gestoßen? Ist es nicht vielmehr auch der visuelle Eindruck des Sellerie kauenden Mannes per se, der erotisierend oder, wenn man so will, vergeilend wirkt? Wie schön wäre es, wenn in Zukunft an behördlichen Salatbars und geburtstäglichen Beistelltischen mit gesunden Snacks Männer mit laszivem Gesichtsausdruck Selleriestangen knabberten, und sich verheißungsvoll den Joghurt-Dip aus den Mundwinkeln leckten. Oder wenn über kurz oder lang in Bars und Clubs der Sellerieraum das Raucherzimmer ersetzte, und da säßen sie dann und knabberten ihre sexy Grünstengel, die bleichen Triebe der »ausdauernden krautigen Pflanze«, wie Biologen über das Gemüse zärtlich einordnen.

In eine Welt mit Vollkornfischstäbchen, Bioketchup und vegetarischem Cordon bleu würde es so gut passen, wenn Sellerie und ihn mümmelnde Männer endlich das Sexsymbol schlechthin werden würden. Man sieht eine Zukunft vor sich, die untermalt ist von diesem sachten Knackknack-Geräusch, das beim Sellerieverzehrt entsteht, und das einen an Kaninchen denken lässt, genauer gesagt: an Karnickel, die Wappentiere leidenschaftlicher Sexualität schlechthin.

Es ist übrigens unklar, ob der von Dr. Hirsch beschriebene Effekt auch eintritt, wenn man versucht, ihn mit Hilfe von Knollensellerie herbeizuführen. Dies wäre beim Ausgehen zwar ein wenig unpraktisch, aber einen Versuch ist es natürlich allemal wert.

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