Métiers de la ferme : Vivre de l’envie de campagne

Le texte ci-dessous est une traduction d'un article paru dans la
Frankfurter Allgemeine Zeitung online du 18 août 2015
Vous trouverez le texte original en allemand à la fin de cet article.

Métiers de la ferme : Vivre de l’envie de campagne

FAZ online du 18 août 2015

Un article de Nadine Bös

La vie à la campagne est désormais considérée comme étant le top dans le milieu des universitaires aisés. Les étables se transforment en jardins zoologiques pour animaux à caresser, les champs de pommes de terre en terrains de jeux et les granges en locations à caractère événementiel. Depuis un certain temps, professeurs, banquiers et autres acteurs travaillent dans les fermes. Que deviennent les agriculteurs ?

La terre humide du champ de pommes de terre colle partout, jusqu’en haut des chevilles sur les chaussures de randonnée d’Anja Denecke, sur les vingt paires de bottes en caoutchouc des petits du jardin d’enfants qui marchent à pas lourds derrière elle à travers champs. Sur les chaussures de sport blanches de marque de l’éducatrice qui grommèle à voix basse en essayant de laver le plus gros dans une flaque d’eau. Anja Denecke est dans son élément. Elle passe un coup de râteau dans la terre exhumant les pommes de terre mûres. « Maintenant, ramassez bien », crie-t-elle aux enfants. « Après, je veux voir chez vous tous les doigts vraiment sales. Je contrôlerai. »
Plus tard, Anja Denecke va discuter avec les enfants à savoir quels plats on peut préparer à base de pommes de terre, pourquoi la purée de pommes de terre est meilleure pour la santé que les frites et quels fruits et légumes locaux ces enfants de trois à cinq ans sont capables d’énumérer (« melon », « banane », « ananas »). Elle va aider les enfants à grimper dans la cabine d’un tracteur, va les faire goûter aux cerises dans l’arbre et leur expliquer pourquoi les chèvres de la ferme portent toutes une marque jaune dans l’oreille (non ce n’est pas une étiquette de prix, elles ne sont pas à vendre »).
À l’origine, Anja Denecke est diplômée en gestion spécialisée dans l’hôtellerie. Jusqu’en 2012, elle était maître d’hôtel dans un restaurant de la chaîne d’hôtels Ramada. « Puis, je voulais quitter la gastronomie, quitter ce stress, ces horaires du soir jusque tard dans la nuit. Je voulais retrouver une vie plus planifiable. » expose cette femme trentenaire. Maintenant, elle est guide pour les enfants des villes sur la ferme Gertrudenhof à Hürth, en Rhénanie du Nord-Westphalie. Elle montre champs, labours et étables à ses jeunes hôtes, leur explique comment sont produits les aliments que nous mangeons quotidiennement et de quelle manière on peut en élaborer des repas bons pour la santé. Accessoirement, elle se sert de ses connaissances en gestion pour travailler au bureau de la ferme. « Je reste en contact avec les aliments, mais d’une autre manière », explique-t-elle.
Une seule personne est agriculteur
Presque aucun de ses collègues du Gertrudenhof n’a un CV linéaire, et surtout pas un CV comprenant une formation agricole. Un seul collaborateur de l’entreprise est paysan de formation, il vaut mieux dire agriculteur diplômé : c’est Peter Zens, le chef lui-même. Car depuis longtemps, la ferme ne vit plus de l’agriculture ou alors indirectement seulement. En lieu et place, l’entreprise est une ferme aventure, pédagogique. Le week-end, les familles des grandes villes viennent pour se reposer, laisser les enfants batifoler sur l’aire de jeux gigantesque et faire leurs courses dans le magasin de la ferme pour le repas du dimanche. Les professeurs arrivent avec leurs classes, les éducatrices avec leurs groupes du jardin d’enfants et les parents avec leurs hôtes pour les anniversaires. Les fruits, les légumes et les plantes qui sont cultivés ici… en tout environ trente cultures différentes… sont surtout là pour être montrés live dans les champs lors des visites. Et évidemment pour les vendre en petites quantités dans le magasin de la ferme. Les animaux sont là exclusivement pour être caressés. À proprement parler, cette partie de la ferme n’est plus vraiment une ferme, mais un zoo. Dans la grange, il y a encore des bottes de paille, entassés comme jadis en meules gigantesques. Mais ce ne sont pas les animaux mais bien les enfants des visiteurs de la ferme qui sont censés profiter de cette paille : pour s’y vautrer, pour grimper dessus et qu’elle puisse rester accrochée dans les vêtements après coup.
Pendant l’enfance de Peter Zens, il y avait encore deux cents cochons à engraisser sur la ferme, ses parents cultivaient également des tulipes pour les vendre aux enchères. Pour le marché de gros, ils produisaient du chou vert, du chou-fleur et des fraises. De nos jours, tout cela a disparu, ayant laissé la place au tourisme à la         journée. « Compte tenu de la taille de l’exploitation, je n’avais que deux possibilités pour continuer l’entreprise de manière viable après mes études », dit Peter Zens. J’aurais dû me décider pour une ou deux cultures et j’aurais cultivé uniquement des asperges et des fraises, par exemple, pour le restant de ma vie. Ou alors je pouvais me dire : Je fais quelque chose pour les gens qui habitent aux alentours.
Depuis quelque temps déjà, le tourisme à la ferme est en plein essor en Allemagne parce que beaucoup d’agriculteurs sont dans le même cas. Partout où l’agriculture classique n’est plus rentable, les résidences locatives, les auberges de village, les zoos à caresser les animaux, les granges pour y jouer et les boutiques à la ferme voient le jour. La nostalgie des habitants des grandes villes aspirant à une vie à la campagne connaît un boom comme on en a rarement vu, les ventes de magazines tels « Envie de campagne » (Landlust) s’envolent, les parents veillent de nouveau à ce que leurs enfants gardent un contact avec la vie à la campagne. La ferme n’est plus seulement un but de promenade pour les familles avec un porte-monnaie serré, mais elle est au contraire devenue un lieu de villégiature huppé pour les universitaires de la classe moyenne ayant un penchant pour le romantisme villageois. Comme le démontre une étude du groupe de travail fédéral pour les vacances à la ferme et le tourisme à la campagne : les personnes passant leurs vacances à la ferme sont plus nombreuses à avoir fait des études supérieures que la moyenne et disposent également d’un revenu familial supérieur. De plus, la proportion des personnes aisées et ayant une formation supérieure passant leurs vacances à la ferme a continuellement augmenté depuis 1999. Selon ce groupe de travail fédéral, les personnes proposant les vacances à la ferme génèrent un chiffre d’affaires d’environ 1,56 milliards d’euros provenant uniquement des recettes du gîte et du couvert. Les revenus résultant des touristes qui visitent les fermes dans la journée ainsi que les activités pédagogiques à la ferme ne sont pas inclus dans ce chiffre. Mais ce sont justement ces activités qui sont en croissance exponentielle sur les fermes aventure affirment les agriculteurs tels Peter Zens.

Des cuisiniers, des managers événementiels ainsi que des commerçants sont recherchés

L’envie croissante de campagne des citadins ne se reflète non seulement dans la clientèle de ces fermes mais aussi dans la structure de leurs employés. De nombreux métiers qui n’ont plus rien à voir avec l’agriculture ont été créés sur ces fermes. Et ils sont en augmentation constante affirme Franziska Schmieg de la Fédération des Agriculteurs Allemands (DBV). Certes, il n’y a pas de chiffres fiables au niveau fédéral concernant les débouchés non-agricoles sur les fermes. « Mais nous avons l’impression que ces carrières augmentent » continue Franziska Schmieg. À l’aide du forum « la ferme, lieu d’apprentissage » une sorte de table ronde a été créée, composée d’organisations allemandes ayant pour but la pédagogie à la ferme et ayant rédigé des directives pour la formation des collaborateurs de la ferme. « De nombreuses formations existent dans les domaines de la pédagogie à la ferme, des guides de la nature ou de la pédagogie environnementale, toutes très orientés vers la pratique », explique Franziska Schmieg.

Sur les fermes aventure on rechercherait de façon croissante des spécialistes de la restauration, des cuisiniers ainsi que des managers événementiels. Les gestionnaires de toutes sortes ont également de bonnes chances, dit Franziska Schmieg, car dans l’administration, dans les boutiques et restaurants les connaissances en gestion sont appréciées. Peter Zens, du Gertrudenhof confirme qu’il est pratiquement « constamment à la recherche » de personnel adéquat. Actuellement, il a soixante collaborateurs dont un tiers travaille à temps complet, un tiers à temps partiel et un autre tiers est constitué de collaborateurs occasionnels. D’après lui, quelques personnes supplémentaires seraient les bienvenues. Presque toujours, son choix se porte sur des personnes ayant changé de cap professionnel. « Ma ferme aventure est basée sur le fait que mes collaborateurs ont un bon contact humain », explique-t-il. « Qu’ils communiquent facilement, discutent avec les clients, qu’ils les familiarisent avec la vie à la campagne. En cas de doute, l’étudiante future actrice faisant un boulot à temps partiel pour gagner de l’argent saura mieux faire cela que le spécialiste du commerce de détail. »

Gîtes ruraux, boutiques à la ferme, poneys

Holger Kliewe rend également compte de ses recherches constantes de personnel. Tout comme Peter Zens il gère une ferme aventure à l’autre bout de la République, sur l’île de Rügen. Depuis que Holger Kliewe décida, en 1995, que ses cinquante hectares ne suffisaient pas pour pouvoir survivre, il a découvert le tourisme. Il possède huit appartements de location, entretient quelques animaux à caresser et des poneys pour les enfants des clients, anime une boutique à la ferme ainsi qu’un restaurant dans lequel il sert volontiers des groupes de touristes arrivant en car. À l’aide de ses plusieurs milliers de canards, oies et poulets qu’il élève en plein air sur la ferme, Holger Kliewe s’est maintenu un revenu agricole annexe qui est plus que pure décoration : lorsqu’en hiver les clubs de bowling arrivent pour la traditionnelle dégustation de canard rôti, tout provient du propre abattoir de la ferme. Partiellement Holger Kliewe vend également ses animaux comme volailles à engraisser à d’autres fermes.

À part ça, il relate des expériences similaires à celles de Peter Zens : parmi les vingt-cinq collaborateurs à temps complet de son équipe on trouve très peu de personnes de formation agricole. Les autres sont cuisiniers, serveurs, gardiens, vendeurs, comptables, femmes de chambre, moniteurs d’équitation et un salarié pour le marketing. Son entreprise réalise 2,5 millions de chiffre d’affaires par an, dont soixante pourcent proviennent du secteur de la ferme aventure y compris le tourisme et la gastronomie, le restant est dû à l’agriculture classique et la production de volaille. « Si nous ne nous étions pas tournés vers la ferme aventure, nous n’existerions peut-être plus aujourd’hui », affirme Holger Kliewe.

Pour réaliser une expansion encore plus accentuée, Holger Kliewe manque de personnel. « Le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale est très sujet à l’exode de main-d’œuvre, » explique-t-il. Depuis deux ans, le changement démographique est même sensible à Rügen. Entre les entreprises de l’hôtellerie et de la gastronomie une grande compétition pour le personnel s’est déclenchée, surtout en ce qui concerne les serveurs et le personnel de nettoyage. « C’est en particulier pendant la saison touristique que nous avons du mal à trouver du personnel qualifié, beaucoup de jeunes choisissant de partir », relate Holger Kliewe. C’est dans un seul secteur qu’il peut s’imaginer de débuter encore quelque chose d’inédit : « Dans un de mes tiroirs sommeille un concept pour un parcours pédagogique et d’aventure ou pour une classe d’agriculture », affirme-t-il. « Trouver quelqu’un dans le secteur de la pédagogie…cela pourrait réussir. »

Mieux vaut vendre des asperges que des actions

Le problème du manque de personnel est loin d’être aussi aigu chez Peter Zens au Gertrudenhof que chez Holger Kliewe. C’est peut-être dû au fait que la ferme est située tout près des grandes villes, exactement entre Cologne et Bonn. Ou peut-être parce que Peter Zens possède un certain talent pour attirer les gens voulant quitter leur profession initiale : Andreas Köhn par exemple, à cinquante ans aujourd’hui, il a travaillé environ trente ans comme banquier et conseiller patrimonial. Aujourd’hui, il est employé dans la boutique de la ferme du Gertrudenhof, s’occupant avec dévouement du stand des asperges au printemps. Pendant la crise financière, le travail d’Andreas Köhn avait commencé à se transformer de plus en plus. « À la fin, je ne disposais plus du tout des conditions de travail auxquelles j’étais habitué comme conseiller patrimonial. » Il laissa tout tomber, apprit d’abord pendant six mois le russe à l’université, puis gagna sa vie comme vendeur de poisson frit sur les marchés de Noël et postula finalement chez Peter Zens… comme chef de bureau. Cependant, Peter Zens jugea le talent de vendeur d’Andreas Köhn à sa juste valeur et le posta plutôt derrière le comptoir. « Honnêtement, dans mon ancienne profession, je n’étais finalement rien d’autre qu’un vendeur », admet Andreas Köhn. « Actions ou asperges… dans le fond cela ne change pas grand-chose. » Aujourd’hui, il gagne un tiers de ce qui arrivait jadis sur son compte par mois, mais en revanche, il se réjouit du plein air et de la proximité des clients.

À chaque coin sur le Gertrudenhof, on peut trouver de tels parcours. Il y a là l’ancienne prof qui n’avait plus envie d’être debout devant ses élèves dans la classe préférant marcher à pas lourds avec les enfants à travers les champs et les prairies. Il y a l’ancien propriétaire d’une papeterie et celui d’une agence de voyages qui tous deux vendent maintenant du chou-fleur, des quetsches, des haricots et bien d’autres choses encore. Il y a également l’universitaire des sciences du sport, attirée par la voie de la pédagogie de l’équitation pour finalement arriver au sujet de la ferme pédagogique… et qui est aujourd’hui l’épouse de Peter Zens ainsi que sa plus étroite collaboratrice.

Puis il y a Anja Denecke. À la fin de sa visite guidée pour les enfants, elle est debout au milieu du groupe devant un gigantesque gril suspendu faisant cuire au-dessus d’un feu de charbon de bois ardent les pommes de terre que les enfants ont ramassées eux-mêmes. En accompagnement, elle sert aux enfants du fromage blanc aux herbes qu’elle a confectionné elle-même. Affectueusement, elle sert chaque enfant individuellement, aidant les plus petits à découper les moitiés de pommes de terre, demandant aux plus grands s’ils veulent se resservir. « Autrefois, dans le restaurant de l’hôtel, il n’y avait quasiment jamais d’enfants », se souvient Anja Denecke. « Et lorsqu’il y en avait, ils étaient ressentis comme éléments perturbateurs par les autres clients. J’ai toujours trouvé que c’était dommage. » Aujourd’hui, Anja Denecke a concrétisé ses désirs à la ferme. À la différence d’Andreas Köhn, elle gagne sensiblement la même chose que dans son ancien métier. « Jadis, j’apportais les légumes sur une assiette, ici je me préoccupe de leur culture et de leur croissance », explique Anja Denecke. « Peut-être que je peux faire en sorte que l’un ou l’autre de ces enfants apprenne et se souvienne que les pommes de terre ne poussent pas dans le sac du supermarché. »

 

Dies ist der Originalartikel der in der
Frankfurter Allgemeinen Zeitung online 
vom 18. August 2015 erschienen ist

Bauernhof-Berufe: Leben von der Landlust

ein Artikel von Nadine Bös

Das Landleben gilt als schick unter wohlhabenden Akademikern. Ställe werden zu Streichelzoos, Kartoffeläcker zu Spielplätzen und Scheunen zu Eventlocations. Auf den Höfen arbeiten mittlerweile Lehrer, Banker und Schauspieler. Und was ist mit den Bauern?

Der feuchte Kartoffelackerboden hängt überall. Auf Anja Deneckes Wanderschuhen bis hoch zum Knöchel. Auf den zwanzig Paar Gummistiefeln der Kindergartenkinder, die hinter ihr über das Feld stapfen. An den weißen Markenturnschuhen der Erzieherin, die leise grummelt und versucht, das Gröbste in einer Pfütze abzuwaschen. Anja Denecke ist in ihrem Element. Mit einer Harke fährt sie durchs Erdreich, gräbt die reifen Kartoffeln nach oben. „Jetzt sammelt mal schön“, ruft sie den Kindern zu. „Ich will hinterher von jedem richtig schmutzige Finger sehen. Ich kontrolliere das.“

Später wird Anja Denecke mit den Kindern darüber sprechen, welche Gerichte man aus Kartoffeln zubereiten kann, warum Kartoffelpüree gesünder ist als Pommes frites und welche heimischen Gemüsesorten die Drei- bis Fünfjährigen so aufzählen können („Melone“, „Banane“, „Ananas“). Sie wird den Kindern dabei helfen, ins Führerhaus eines Treckers zu klettern, wird sie Kirschen vom Baum naschen lassen und ihnen erklären, warum die Hofziegen alle eine gelbe Marke im Ohr tragen („nein, das ist kein Preisschild, die sind nicht zu verkaufen“).

Eigentlich ist Denecke Betriebswirtin für das Hotel- und Gaststättengewerbe. Bis 2012 war sie Restaurantchefin in einem Ramada-Hotel. „Dann wollte ich weg aus der Gastronomie, weg von dem Stress, den abendlichen Schichten bis in die Nacht. Ich wollte wieder ein planbares Leben haben“, sagt die 37-Jährige. Jetzt macht sie Bauernhofführungen für Großstadtkinder auf dem Gertrudenhof im nordrhein-westfälischen Hürth. Sie zeigt ihren jungen Gästen Äcker, Felder, Ställe, erklärt, wie die Lebensmittel entstehen, die wir täglich essen, und wie man daraus gesunde Mahlzeiten zubereiten kann. Zusätzlich nutzt sie ihr betriebswirtschaftliches Wissen, um im Büro des Landwirtschaftsbetriebs mitzuarbeiten. „Ich habe weiterhin mit Lebensmitteln zu tun, nur auf eine ganz andere Weise“, sagt sie.

Nur einer ist Bauer

Auf dem Gertrudenhof haben fast alle ihre Kollegen keinen geradlinigen Lebenslauf – schon gar nicht einen mit einer landwirtschaftlichen Ausbildung. Nur ein einziger Mitarbeiter des Betriebes ist gelernter Bauer, besser gesagt, studierter Agrarwirt: Peter Zens, der Chef selbst. Denn von der Landwirtschaft lebt der Hof längst nicht mehr oder jedenfalls nur noch indirekt. Stattdessen ist der Betrieb ein sogenannter Erlebnis- und Lernbauernhof. Großstadtfamilien kommen am Wochenende her, um sich zu erholen, die Kinder auf dem riesigen Spielplatz herumtollen zu lassen und um im Hofladen für das Sonntagsessen einzukaufen. Lehrer kommen mit ihren Klassen, Erzieherinnen mit ihren Kindergartengruppen und Eltern mit ihren Kindergeburtstagsgästen. Das Obst, das Gemüse und die Pflanzen, die hier wachsen – insgesamt sind es 30 verschiedene Kulturen -, gibt es hauptsächlich, um sie während der Führungen live auf dem Feld zeigen zu können. Und natürlich, um sie in kleinen Mengen im Hofladen zu verkaufen. Die Tiere sind ausschließlich zum Streicheln da; streng genommen, ist dieser Teil des Bauernhofs gar kein Hof mehr, sondern ein Zoo. In der Scheune gibt es zwar noch Strohballen; ganz wie früher sind sie zu riesigen Haufen aufgetürmt. Doch nicht die Tiere, sondern die Kinder der Hofbesucher sollen das Stroh nutzen: zum Drin-Herumtoben, zum Obendrauf-Klettern, zum Hinterher-in-den-Kleidern-hängen-Haben.

In Zens Kindheit gab es auf dem Gertrudenhof 200 Mastschweine, seine Eltern bauten noch Tulpen an und brachten sie zur Versteigerung. Auf dem Großmarkt verkauften sie Wirsing, Blumenkohl oder Erdbeeren. Heute ist all das verschwunden und hat dem Tagestourismus Platz gemacht. „Bei der Größe des Hofs hatte ich nach dem Studium zwei Möglichkeiten, um den Betrieb sinnvoll weiterzuführen“, sagt Zens. „Ich hätte mich entweder für ein bis zwei Kulturen entscheiden müssen und dann mein Leben lang zum Beispiel nur Erdbeeren und Spargel angebaut. Oder ich konnte sagen: Ich mache was für die Menschen aus der Umgebung.“

Weil es vielen Bauern ebenso ergeht, erlebt der Bauernhoftourismus in Deutschland schon seit längerer Zeit eine Blüte. Wo immer sich die klassische Landwirtschaft nicht mehr lohnt, entstehen Ferienwohnungen, Dorfgaststätten, Streichelzoos, Spielscheunen und Hofläden. Die Sehnsucht der Großstädter nach dem Landleben boomt wie selten, Zeitschriften wie die „Landlust“ sind auf Höhenflug, Eltern beginnen wieder, darauf zu achten, dass ihre Kinder Kontakt zum Landleben erhalten. Der Bauernhof ist nicht länger nur ein günstiges Ausflugsziel für Familien mit schmalem Geldbeutel, sondern ein schicker Freizeitort für Akademiker aus der Mittelschicht mit einem Hang zur Dorfromantik. Eine Untersuchung der Bundesarbeitsgemeinschaft für Urlaub auf dem Bauernhof und Landtourismus zeigt: Bauernhofurlauber haben überdurchschnittlich oft einen Hochschulabschluss und ein überdurchschnittlich hohes Familieneinkommen. Und: Der Anteil der wohlhabenden und gebildeten Bauernhofurlauber ist seit 1999 kontinuierlich gestiegen. Jährlich generieren die Anbieter von Urlaub auf dem Bauernhof nach Angaben der Bundesarbeitsgemeinschaft einen Umsatz in Höhe von etwa 1,56 Milliarden Euro allein aus der Vermietung der Unterkunft und der Verpflegung der Gäste. Tagestourismus und Bauernhofpädagogik sind da noch gar nicht mit eingerechnet. Doch gerade diese Bereiche boomen auf den Erlebnisbauernhöfen, wissen Landwirte wie Peter Zens zu berichten.

Köche, Veranstaltungsmanager und Kaufleute sind gesucht

Die zunehmende Landlust der Großstädter spiegelt sich aber nicht nur in der Klientel dieser Höfe, sondern auch in deren Beschäftigtenstruktur. Auf den Höfen sind viele Berufe entstanden, die mit Landwirtschaft überhaupt nichts mehr zu tun haben. Und sie werden mehr, sagt Franziska Schmieg vom Deutschen Bauernverband. Verlässliche bundesweite Zahlen zu den landwirtschaftsfremden Karrieren auf Höfen gibt es zwar nicht. „Doch wir haben den Eindruck, dass diese Karrieren mehr werden“, sagt Schmieg. Mit dem Forum „Lernort Bauernhof“ hat sich eine Art runder Tisch aus Organisationen in Deutschland gebildet, die sich mit Bauernhofpädagogik beschäftigen und Leitlinien für die Weiterbildung von Hofmitarbeitern geschaffen haben. „Es gibt zahlreiche Weiterbildungen im Bereich Landwirtschaftspädagogik, Naturführer und Umweltpädagogik, die alle sehr praxisnah gestaltet sind“, berichtet Schmieg.

Auf den Erlebnisbauernhöfen würden jedoch auch zunehmend Restaurantfachleute, Köche und Veranstaltungsmanager gesucht. Auch Kaufleute aller Art hätten gute Chancen, sagt Schmieg, weil in der Verwaltung, aber auch in Hofläden und -restaurants betriebswirtschaftliches Wissen gefragt sei. Peter Zens vom Gertrudenhof kann bestätigen, dass er eigentlich „immer auf der Suche“ ist nach passendem Personal. 60 Mitarbeiter hat er derzeit, etwa ein Drittel davon sind Vollzeit-, ein Drittel Teilzeit- und ein Drittel Aushilfskräfte. Ein paar mehr dürften es nach seinem Geschmack gern noch werden. Fast immer fällt seine Wahl auf Quereinsteiger. „Mein Erlebnishof basiert darauf, dass meine Beschäftigten gut mit Leuten umgehen können“, sagt er. „Dass sie Zugang zu ihnen finden, mit ihnen reden, ihnen ein Stück vom Landleben nahebringen. Das kann die Schauspielstudentin, die sich im Nebenjob hier ihr Geld verdient im Zweifel besser als der gelernte Einzelhandelskaufmann.“

Ferienwohnungen, Hofladen, Reitponys

Von ständiger Personalsuche weiß auch Holger Kliewe zu berichten. Wie Peter Zens betreibt er einen Erlebnisbauernhof – am anderen Ende der Republik auf der Insel Rügen. Seitdem Kliewe im Jahr 1995 beschloss, dass seine 50 Hektar Land zu wenig waren, um zu überleben, hat er den Tourismus für sich entdeckt. Er hat acht Ferienwohnungen, hält sich einige Streicheltiere und Reitponys für die Kinder der Gäste, betreibt einen Hofladen und ein Restaurant, in dem er auch Busausflügler gerne verköstigt. Mit seinen mehreren tausend Enten, Gänsen und Hühnern, die er in Freilandhaltung auf dem Hof züchtet, hat sich Kliewe einen landwirtschaftlichen Nebenerwerb aufrechterhalten, der mehr als nur Dekoration ist: Wenn im Winter die Kegelklubs zum Entenbratenessen bei ihm anrücken, stammt alles aus der eigenen Hofschlachterei. Auch vermarktet Kliewe seine Tiere zum Teil direkt als Zuchtgeflügel an andere Betriebe.

Ansonsten weiß er viel Ähnliches zu berichten wie Peter Zens: In seinem Team aus 25 Vollzeitmitarbeitern sind einige wenige mit einer landwirtschaftlichen Ausbildung. Ansonsten: Köche, Kellner, Hausmeister, Verkäufer, Buchhalter, Zimmermädchen, Reitlehrer und eine Marketingkraft. 2,5 Millionen Euro Umsatz macht sein Betrieb im Jahr; 60 Prozent davon kommen aus dem Erlebnisbauernhofbereich mit Tourismus und Gastronomie, 40 Prozent aus der klassischen Landwirtschaft und Geflügelproduktion. „Hätten wir die Idee mit dem Erlebnisbauernhof nicht gehabt, würde es uns heute vielleicht gar nicht mehr geben“, sagt Kliewe.

Für eine weitere Expansion allerdings fehlen Kliewe die Leute. „Mecklenburg-Vorpommern hat stark mit der Abwanderung von Arbeitskräften zu kämpfen“, berichtet er. Seit zwei Jahren spüren sie den demographischen Wandel auch auf Rügen. Zwischen den Gastronomie- und Hotellerie-Betrieben ist der Wettbewerb um Personal ausgebrochen, vor allem um Kellner und Reinigungskräfte. „Es fällt uns gerade in der Saison schwer, ausgebildete Kräfte zu bekommen, viele junge Leute ziehen fort“, berichtet Kliewe. Nur in einem Bereich könnte er sich vorstellen noch einmal etwas Neues zu starten: „Ich hätte Konzepte in der Schublade für einen Lehr-Erlebnispfad oder für ein Landwirtschaftsklassenzimmer“, sagt er. „Jemanden aus dem Bereich Pädagogik zu finden – das könnte vielleicht ganz gut gelingen.“

Lieber Spargel verkaufen als Wertpapiere

So schlimm wie bei Holger Kliewe ist die Arbeitskräftenot bei Peter Zens auf dem Gertrudenhof noch längst nicht. Vielleicht, weil der Hof so großstadtnah gelegen ist, direkt zwischen Köln und Bonn. Oder vielleicht, weil Zens ein gewisses Händchen dafür hat, Aussteiger anzuziehen: Andreas Köhn etwa ist 50 Jahre alt und war 30 davon als Banker und Vermögensberater tätig. Heute arbeitet er auf dem Gertrudenhof im Hofladen, im Frühjahr betreut er mit Hingabe den Spargelstand. In der Finanzkrise hatte Köhns Arbeit begonnen sich immer mehr zu verändern. „Am Ende hatte ich in der Vermögensberatung nicht mehr die Arbeitsbedingungen, die ich gewohnt war.“ Er schmiss hin, lernte erst ein halbes Jahr Russisch an der Uni, verdingte sich anschließend als Backfischverkäufer auf Weihnachtsmärkten und bewarb sich schließlich bei Peter Zens – als Büroleiter. Zens allerdings erkannte Köhns Verkaufstalent und stellte ihn lieber hinter den Tresen. „Wenn man ehrlich ist, war ich in meinem alten Beruf ja auch nichts anderes als ein Verkäufer“, sagt Köhn. „Ob nun Wertpapiere oder Spargel – das spielt eigentlich keine große Rolle.“ Heute verdient er ein Drittel dessen, was er früher monatlich aufs Konto bekam, dafür freut er sich über die viele frische Luft und die Nähe zum Kunden.

Solche Geschichten sind auf dem Gertrudenhof an allen Ecken zu finden. Da ist die ehemalige Lehrerin, die nicht mehr vor der Klasse stehen, sondern lieber mit Kindern über Äcker und Wiesen stapfen wollte. Da sind der ehemalige Inhaber eines Schreibwarengeschäfts und der eines Reisebüros, die jetzt Blumenkohl, Zwetschgen, Bohnen und mehr verkaufen. Da ist die Sportwissenschaftlerin, die über die Reitpädagogik auf das Thema Schulbauernhof kam – und die heute Peter Zens’ Ehefrau und engste Mitarbeiterin ist.

Und da ist Anja Denecke. Am Ende ihrer Kinderführung steht sie inmitten der Gruppe vor einem riesigen Schwenkgrill und röstet über glühenden Kohlen die selbstgesammelten Kartoffeln. Dazu serviert sie den Kindern selbstgemachten Kräuterquark. Jedes einzelne Kind bedient sie liebevoll, den Kleinsten hilft sie, die Kartoffelhälften zu zerteilen, die Größeren fragt sie nach einem Nachschlag. „Früher, bei uns im Hotelrestaurant, sind so gut wie nie Kinder gewesen“, erinnert sich Denecke. „Und wenn mal welche da waren, wurden sie von den anderen Gästen meist als störend empfunden. Das fand ich immer schade.“ Heute hat Denecke auf dem Bauernhof ihre Erfüllung gefunden. Anders als Andreas Köhn verdient sie auch ähnlich viel wie in ihrem alten Beruf. „Früher habe ich das Gemüse auf Tellern umhergeschleppt, hier beschäftige ich mich damit, wie es entsteht und gedeiht“, sagt Denecke. „Und vielleicht kann ich bei dem einen oder anderen Kind bewirken, dass es künftig weiß, dass Kartoffeln nicht in der Supermarkttüte wachsen.“

 

 

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