Joachim Ringelnatz

Voici la traduction d'un poème de Joachim Ringelnatz (1883-1934)
publié dans le recueil Stumpfsinn in Versen 
(Stupidités en vers) de 1912

Une baignoire aimant tant se vanter

Une baignoire aimant tant se vanter,
Se prenait pour la Méditerranée,
Considérant qu’un de ses côtés
De Heligoland était l’orée.
Selon ses dires… son autre flanc
Était un mont de l’Hindoustan.
Son grand arrondi représentait
La baie de Maputo, pour de vrai,
Sa partie pointue de devant
Le Cap Horn matérialisant.
Pour l’Équateur, oh que c’est étrange,
Elle prenait son système de vidange.
Elle était… vous le devinez ?…
En géographie peu calée.
Or, c’était dans le Quartier Latin
Que résidait ce précieux bassin.

 

 

Die Badewanne prahlte sehr …

Die Badewanne prahlte sehr.
Sie hielt sich für das Mittelmeer
Und ihre eine Seitenwand
Für Helgoländer Küstenland.
Die andre Seite – gab sie an –
Sei das Gebirge Hindustan,
Und ihre große Rundung sei
Bestimmt die Delagoabai.
Von ihrem spitzen Ende vorn
Erklärte sie, es sei Kap Horn.
Den Kettenzug am Regulator
Hielt sie sogar für den Äquator.
Sie war – nicht wahr, das merken Sie? –
Sehr schwach in der Geographie.
Dies eingebildete Bassin.
Es wohnte im Quartier latin.

 

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