Joachim Ringelnatz

Voici la traduction d'un poème de Joachim Ringelnatz (1883-1934)
publié dans le recueil Stumpfsinn in Versen 
(Stupidités en vers) de 1912

Un savon tout fluet

Un petit savon tout fluet
Vivait dans un endroit discret
En prenant de l’âge progressivement.
De porcelaine était son récipient.
Il était luxueux, sentait l’ambre gris,
Chacun le mettait volontiers à profit.
Un jour… le contexte est anodin…
Il chut dans le potage St Germain.
L’homme transperçant de sa grosse fourchette
Inopinément cette savonnette,
S’écria en la humant « Quelle horreur ! »
Là, elle tomba dans les pommes de terreur.

 

 

 

Es lebte an diskretem Orte …

Es lebte an diskretem Orte
Ein Stückchen Seife, bester Sorte,
In einem Porzellanbehälter.
Das ward mit jedem Tage älter.
Weil es mit Moschusduft durchhaucht,
Ward es vom Menschen gern gebraucht.

Einstmals – das wann und wie ist schnuppe –
Geriet es in die Erbsensuppe.
Der Mensch benahm sich miserabel.
Er stach die Seife mit der Gabel,
Beroch sie roh und rief: »Pfui, Spinne!«
Da schwanden ihr vor Angst die Sinne.

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