Éthologie

Le texte ci-dessous est une traduction d'un article paru dans le
Spektrum.de partenaire de Die Zeit online du 22 avril 2015
Vous trouverez le texte original en allemand à la fin de cet article.

Éthologie : Poules rusées

Spektrum.de, partenaire de Die Zeit online du 22/04/2015

Un article de Carolynn L. Smith et Sarah L. Zielinski

Les gallinacés domestiques sont étonnamment intelligents et capables de comprendre leur environnement. Cette découverte pose la question de l’acceptabilité de la pratique habituelle de l’élevage intensif pour ces animaux sous un nouvel angle, un problème soulevé, pas seulement par les protecteurs des animaux.

Certains animaux sont plus intelligents que d’autres. C’est ainsi que certaines espèces d’oiseaux font preuve de capacités que l’on croyait jadis réservées aux êtres humains : les pies sont capables de se reconnaître dans un miroir. Des congénères plus âgés enseignent à certains corbeaux plus jeunes à fabriquer des outils. Les perroquets gris d’Afrique savent compter, trier des objets selon leur forme et leur couleur et peuvent même apprendre à comprendre des mots du langage humain. Un cacatoès soufré nommé Snowball danse au rythme de la musique.

Vachement doués

D’après des études récentes, notre poule domestique est beaucoup plus intelligente que ne le croient la plupart des humains. Ces animaux sont rusés, astucieux et capables d’empathie envers leurs congénères. Ils peuvent en outre communiquer de façon différenciée.
Cette preuve d’intelligence chez les gallinacés laisse supposer que de telles capacités soient beaucoup plus répandues chez les animaux que ce que l’on croyait jadis.
Ces nouvelles découvertes concernent également la protection des animaux. Les consommateurs devraient être beaucoup plus vigilants au sujet de l’élevage intensif.
Les poules sont généralement considérées comme peu intelligentes. Mais, ces dernières années, on a découvert que ces oiseaux maîtrisent parfaitement les feintes rusées. Leur capacité de communication est proche de celle des primates, ils utilisent des signaux différents pour signaler leurs intentions. Ils prennent des décisions sur la base de leurs expériences antérieures et en connaissance de cause de la situation actuelle. De même, ils sont capables de résoudre des problèmes et de compatir avec des congénères menacés.
De toute évidence, des capacités cognitives complexes que l’on attribue traditionnellement tout au plus à certains primates sont beaucoup plus répandues dans le monde animal que ce que l’on a cru très longtemps. D’un autre côté, ces nouveaux résultats de recherches sont également extrêmement importants pour la protection des animaux : nous devrions y réfléchir à deux fois concernant les grandes usines à poulets qui visent uniquement la production la moins chère possible de viande et d’œufs.
La hiérarchie de la basse cour
Les chercheurs ont mis quasiment cent ans avant de trouver ce qui se passe dans le cerveau des poules. Dans les années vingt, le biologiste norvégien Thorleif Schjelderup-Ebbe (1894-1976) décrivit pour la première fois la hiérarchie de dominance chez les poules. Les poules dominantes imposent leur prétention de diriger en rappelant les animaux insoumis à l’ordre par un coup de bec acéré.
C’est seulement trente ans plus tard que Nicholas et Elsie Collias (1914-2010 et 1920-2006), de l’université de Californie à Los Angeles, enregistrèrent les différents cris des poules et découvrirent un répertoire de 24 sons désignant vraisemblablement des événements différents. Ainsi, s’il y a un danger provenant du ciel, un aigle affamé par exemple, les animaux baissent la tête et émettent très doucement un « Iiii » très aigu. En revanche, leur caquètement caractéristique est proféré lorsqu’un danger approche sur le sol. Quand les coqs se trouvent en présence de nourriture, ils réagissent en émettant toute une série de sons « doc-doc » excités, surtout s’ils veulent impressionner une femelle picorant dans les parages.
Ces premières découvertes suggéraient déjà qu’il ne fallait pas sous-estimer ce cerveau des poules pas plus grand qu’une noix. Les cris semblent contenir des informations spécifiques destinées à provoquer des réactions déterminées chez leurs congénères. Mais c’est dans les années 90 seulement que de nouvelles technologies permirent de décoder le sens des cris et des mouvements. L’éthologue Chris Evans, de l’université Macquarie de Sydney en Australie employa des instruments de prise de son digitaux et des téléviseurs numériques haute définition afin de pouvoir étudier les fonctions des appels des poules dans des conditions contrôlées. En pratique, il créa une réalité virtuelle pour les oiseaux. Une cage de laboratoire était entourée d’écrans sur lesquels il présentait à la poule soit un compagnon, soit un concurrent ou alors un prédateur et il enregistrait ses réactions. Par exemple, la poule voyait soit un autour au-dessus d’elle, soit un renard attaquant par le côté ou bien un coq émettant une série de sons « doc-doc ».
Le résultat fut sans équivoque : les sons et les mouvements d’une seule poule transmettent des informations spécifiques qui sont comprises par les autres. La poule n’a pas besoin de voir le rapace elle-même pour se comporter de façon adéquate : il suffit qu’elle entende les cris d’alerte d’un congénère. Les cris constituent une référence fonctionnelle comme disent les éthologues ; c’est-à-dire les signaux se réfèrent à des objets ou des événements précis, de la même manière que les mots des humains. Apparemment, le cri provoque une image mentale chez le destinataire et provoque la réaction correspondante, réaction de fuite devant un prédateur ou d’approche de la source de nourriture.
Il ne faut donc pas sous-estimer ce cerveau de la taille d’une noix.
Ce monde virtuel de laboratoire démontra également que les poules adaptent leur message à leur public. Lorsqu’un coq aperçoit une menace venant d’en haut il émet un cri d’alarme quand une femelle se trouve à proximité, mais il se tait en présence d’un rival. Les poules sont sélectives de la même manière : elles ne donnent l’alarme que lorsqu’elles ont des poussins.
Ces sons n’expriment donc pas seulement le fait que la poule soit effrayée ou qu’elle ait faim à un moment donné. Bien au contraire, les animaux analysent les événements et ne réagissent pas aveuglement, mais par des réactions bien réfléchies. Apparemment, les poules pensent avant d’agir. Qui aurait soupçonné cela de la part d’un si petit cerveau d’oiseau. En résultent ces questions passionnantes : Si les oiseaux peuvent transmettre des informations concernant leur environnement, sont-ils également capables de rétention d’informations ? Seraient-ils même capables d’émettre de fausses informations lorsque cela peut leur procurer un avantage? L’étude d’autres formes de communication nous renseigne sur cette question.
La fin justifie les moyens
Depuis les années quarante, les éthologues savent que les poules donnent un spectacle compliqué lorsqu’elles découvrent de la nourriture. L’offre de nourriture pendant laquelle le coq alpha dominant cherche à séduire une femelle en est le plus spectaculaire et le plus connu. Il bouge sa tête rapidement d’un côté à l’autre et de haut en bas tout en attrapant de la nourriture qu’il laisse aussitôt retomber pour signifier à la femelle qu’il a trouvé un aliment gouteux. Les chercheurs pensaient d’abord que les mâles subordonnés allaient adopter le comportement le plus discret possible afin de ne pas irriter le coq alpha. Mais les poules font appel à des entourloupes afin de court-circuiter la hiérarchie de dominance.
Au début, ce fait échappait aux observateurs car les poules agissent rapidement et souvent de façon cachottière ; les poules se cachent volontiers dans les herbes hautes et dans les buissons. En outre, une seule personne n’est pas capable d’observer toutes les poules en même temps. C’est pour cette raison que l’une d’entre nous (Carolynn L. Smith) a développé un procédé qu’elle a appelé « Chicken Big Brother ».
Dans les usines à poulet, ces oiseaux, qui vivent dans la nature en petits groupes, sont entassés en compagnie de 50 000 congénères dans un espace le plus restreint possible. Est-ce que ce genre d’élevage est adapté à ces poules si intelligentes ?
Les voilières en plein air de l’université de Macquarie sont spacieuses, richement plantées et entourées de filets. Carolynn L. Smith et son équipe y ont installé de nombreux caméras et microphones numériques haute définition pour capter chaque mouvement et chaque son des animaux. Comme on s’y attendait, le coq alpha chantait pour accentuer sa prétention à la domination sur le groupe. Il accomplissait le rituel d’offre de nourriture pour séduire les femelles. Et il émettait des cris d’alerte lorsqu’il y avait un danger dans les airs.
En revanche, les mâles subordonnés créaient des surprises. Carolynn L. Smith s’attendait à ce qu’ils restent entre eux pour ne pas être chassés par le coq alpha et être attaqués à coups de bec et d’ergot dès qu’il les soupçonnait de s’approcher de sa favorite. Mais les caméras et les microphones racontaient une toute autre histoire. Les coqs subordonnés montraient un comportement débrouillard dont on n’aurait jamais cru capables de tels oiseaux. Ils n’exécutaient que la partie visible de l’offre de nourriture, c’est-à-dire les mouvements de la tête sans les cris « doc-doc » et créaient ainsi un nouveau signal par lequel ils pouvaient attirer les femelles sans que le coq alpha ne s’en rende compte.
Afin d’étudier de plus près toutes ces subtiles émissions sonores par les animaux, Carolynn L. Smith voulait attacher de petits sacs à dos avec des microphones légers et sans fil à ces gallinacés. Mais ou trouver du matériel adapté ? Elle pensait que des soutiens-gorge pourraient être la solution. Elle cherchait donc de vieux soutiens-gorge munis de crochets simples, de préférence en noir pour ne pas contraster avec le plumage des poules ; elle n’utilisait que les crochets ainsi que les bretelles réglables pour fixer les microphones aux poules. Cette construction provisoire surnommée « Chicken Big Brother 2.0 » enregistrait alors les signaux que les poules émettaient ainsi que ce qu’elles entendaient.
Carolynn L. Smith s’intéressait surtout à la réaction des animaux face aux dangers. Pourquoi les coqs émettent-ils parfois un son lorsqu’ils aperçoivent un autour ou d’autres ennemis alors que ce comportement les met en danger d’être découverts et attaqués eux-mêmes ? Les chercheurs pensaient que la protection de sa poule et de ses poussins compenserait son propre risque. Carolynn L. Smith au contraire, se demandait s’il n’y avait pas d’autres facteurs influençant le comportement lors des cris.
Elle était tombée sur la bonne piste. Grâce à « Chicken Big Brother 2.0 » on a pu démontrer que les coqs donnent parfois l’alarme par intérêt personnel. Les oiseaux perçoivent une menace pour eux, mais aussi pour leurs rivaux ; ils n’appellent en règle générale que lorsqu’ils peuvent dans le même temps minimiser leur propre risque et augmenter celui de leurs rivaux. Un coq va appeler de préférence lorsqu’il se trouve lui-même en sécurité sous un buisson, tandis que son rival en rase campagne risque d’être attrapé par le prédateur descendant en flèche. Si le coq a de la chance, il protège sa femelle en même temps qu’il élimine un concurrent.
Des mâles téméraires, des mères empathiques
Cette stratégie est connue sous le nom de compensation des risques. C’est une caractéristique que nous avons en commun avec les poules. Nous avons tendance à rouler de façon moins prudente lorsque nous avons mis les ceintures de sécurité ou lorsque la voiture est équipée d’un système ABS. De même, les coqs sont plus téméraires lorsqu’ils se sentent en sécurité.
La liste des capacités cognitives des gallinacés se rallonge. Giorgio Vallortigara de l’université de Trente en Italie a démontré que les poussins savent différencier des chiffres et reconnaître des objets géométriques. Lorsqu’on leur montre un triangle incomplet, ils identifient la forme complète. En 2011, Joanne Edgar de l’université de Bristol en Angleterre démontrait l’empathie de ces oiseaux si conscients du pouvoir.
Dans les expérimentations de Joanne Edgar, des poules observaient qu’une brise sans danger ébouriffait le duvet de leurs poussins. Les poussins se sentaient menacés et affichaient des symptômes classiques de stress tels un pouls plus élevé et une température oculaire plus basse. Ce qui était intéressant est que les mères étaient contaminées par l’inquiétude de leurs poussins. Elles affichaient les mêmes signes de stress alors qu’elles n’avaient pas ressenti la brise et que les poussins n’étaient évidemment pas en danger. En outre, les poules rassuraient leurs poussins par des gloussements fréquents. Ainsi les poules sont donc capables d’adopter le point de vue d’autrui, une capacité connue chez très peu d’espèces seulement, comme par exemple chez les corbeaux, les écureuils et les primates.
Comme la poule ordinaire n’est pas étroitement apparentée à d’autres animaux réputés pour leur intelligence, ces résultats engendrent des suppositions intéressantes au sujet de l’origine de l’intelligence. Elle est peut-être beaucoup plus répandue dans le règne animal que supposé jusqu’alors et elle peut se développer lorsque les conditions sociales lui offrent un terrain favorable.
Notre poule domestique a probablement hérité ses capacités cognitives de ses ancêtres sauvages, le coq bankiva des forêts d’Indonésie et de la Chine. La société primitive de ces gallinacés comportait des groupes plus ou moins stables de quatre à treize individus de tous âges. Chaque groupe était dominé par un couple dominant. Comme dans beaucoup de sociétés, les puissants obtenaient ce qu’ils voulaient, de la nourriture, de l’espace, du sexe, en intimidant les subordonnés. Les mâles paradaient devant les femelles et les approvisionnaient en nourriture. Les poules observaient soigneusement les mâles, les jugeaient suivant leurs actes, se rappelaient ce que chacun avait accompli dans le passé et elles évitaient les vicieux et les méchants. La réputation d’un coq était importante pour le succès sur du long terme chez les poules et la compétition pour les femelles était farouche.
Ce n’est pas seulement la concurrence à l’intérieur du groupe qui stimulait les capacités mentales. Les animaux étaient également menacés de l’extérieur par des prédateurs tels les renards et les autours par exemple, et chacun de ces dangers exigeait un comportement de fuite différent. Les volatiles devaient développer des stratégies intelligentes afin de composer entre eux, ainsi qu’avec des menaces extérieures et aussi pour communiquer entre eux à ces sujets. La poule domestique a gardé ces capacités.
Nous consommons un nombre incalculable de ces animaux intelligents et nous devrions au moins nous poser la question de leur traitement. Car nous entassons ces animaux, qui vivent dans la nature en petits groupes, dans un espace le plus étroit possible en compagnie de parfois 50 000 congénères. Leur espérance de vie qui est d’à peu près une dizaine d’années diminue pour descendre à six semaines chez les poulets d’élevage intensif. Ils sont abattus aussi rapidement car, sélectionnés pour une croissance rapide, des animaux plus âgés seraient sujets à des maladies cardiaques, à l’ostéoporose et à des fractures osseuses. La plupart des poules pondeuses ne sont guère mieux logées : elles ne vivent que seize mois dans un espace de 0.11 m2.
Ce sont justement cette flexibilité et cette adaptabilité héritées de ses ancêtres ayant une vie sociale qui rendent possible cette existence misérable de la poule domestique ; elle survit même dans ces conditions d’élevage intensif contre nature. Rien n’y changera tant que la plupart des êtres humains ne se soucient pas de l’origine de leur alimentation et ignorent les capacités incroyables des poules.
Toutefois, le comportement des consommateurs est petit à petit en train de changer. En Europe et dans quelques états des États-Unis, de nouvelles lois commencent à améliorer l’hébergement des poules pondeuses. Mais la plupart des gens sont à peine ou pas du tout conscients des conditions d’élevage des poulets.
Le coq virtuel
Les gallinacés s’observant volontiers sur des écrans de télévision, une personne d’entre nous, Carolynn L. Smith, a développé un coq virtuel plus vrai que nature à l’aide de techniques d’animation assistés par ordinateur utilisées dans le cinéma aujourd’hui. Carolynn L. Smith et son équipe pouvaient ainsi étudier la signification des façons de s’exprimer des poules ainsi que leurs perceptions mutuelles. C’est ainsi que fut résolue l’ancienne énigme du barbillon du coq, un morceau de peau pendillant mollement sous son bec.
Lors du comportement « offre de nourriture », le coq signale à des partenaires convoitées qu’il a trouvé de la nourriture par le fait de secouer la tête de façon séduisante. Ce faisant, il remue parfois le barbillon se façon si intense que celui-ci le frappe sur la tête à droite et à gauche.
Pendant des décennies, l’utilité de ce barbillon resta une énigme. Carolynn L. Smith pensait qu’il rendait l’offre de nourriture plus ostensible et ainsi le coq plus attrayant. Évidemment elle pouvait difficilement couper ce barbillon à un coq vivant pour observer les réactions des femelles. En lieu et place, elle créa un coq virtuel proposant de la nourriture à une véritable poule et elle varia la taille et la flexibilité de l’attribut. Il en résulta que le barbillon guide l’attention des poules de façon quasi hypnotique sur le coq qui offre de la nourriture. Le coq paie probablement très cher le prix de sa parure : un barbillon de grande taille exige un niveau de testostérone élevé qui affaiblit à son tour le système immunitaire et donc la santé. Mais le sacrifice de durée de vie est compensé par des chances de procréation plus élevées.
Parfois, l’intelligence des poules créait des problèmes inattendus lors des tests. Bien des fois, un oiseau perturbait l’expérimentation en montrant un comportement totalement inattendu. Lors d’une de ces expérimentations, une poule pouvait regarder le film d’un coq offrant de la nourriture, mais elle devait auparavant attendre derrière une porte télécommandée.
La poule surnommée 007 était connue pour son attitude révoltée. Tandis qu’elle devait attendre derrière la porte elle commençait à étudier le mécanisme de la fermeture avec des mouvements de tête impatients. Après quelques instants, 007 enleva soigneusement le fil de fer maintenant le taquet fermé. La porte s’ouvrit et la poule trouvvait ce qu’elle voulait devant elle : le coq avec la nourriture. Après cette expérimentation, 007 n’attendait plus jamais derrière la porte. Bien que les chercheurs aient modifié le mécanisme de fermeture à plusieurs reprises, 007 découvrait la faille à chaque fois et ouvrait la porte par elle-même.

 

Dies ist der Originalartikel der im 
Spektrum.de Partner de Zeit  online 
vom 22. April 2015 erschienen ist

VERHALTENSFORSCHUNG

Schlaue Hühner

Spektrum.de, Partner der Zeit online 22.04.2015

Carolynn L. Smith und Sarah L. Zielinski

Haushühner sind erstaunlich klug und verstehen, was in ihrer Welt vorgeht. Das verschärft die – nicht nur von Tierschützern aufgeworfene – Frage, ob die gängige Praxis der Massentierhaltung für diese Tiere akzeptabel ist.

Manche Tiere sind intelligenter als andere. So zeigen mehrere Vogelarten bemerkenswerte Fähigkeiten, die man früher nur uns Menschen zutraute: Elstern erkennen sich in einem Spiegel. Manche Krähen lernen von älteren Artgenossen, Werkzeuge herzustellen. Afrikanische Graupapageien können zählen, Gegenstände nach Form und Farbe sortieren und sogar lernen, menschliche Worte zu verstehen.Ein Gelbwangenkakadu namens Snowball tanzt im Takt zu Musik.

Neueren Forschungen zufolge ist unser Haushuhn wesentlich intelligenter, als die meisten Menschen glauben. Die Tiere sind listig, durchtrieben und zurEinfühlung in Artgenossenfähig. Obendrein können sie differenziert kommunizieren.Die Klugheit der Hühner legt die Vermutung nahe, dassIntelligenz im Tierreich allgemein weiter verbreitet ist als früher vermutet.Die neuen Erkenntnisse betreffen auch denTierschutz. Konsumenten sollten der Massentierhaltung von Hühnern kritisches Augenmerk schenken.

Im Unterschied dazu gelten Hühner gemeinhin als wenig intelligent. Doch hat sich in den letzten Jahren herausgestellt, dass diese Vögel listige Täuschungsmanöver beherrschen. Ihre Kommunikationsfähigkeit steht der von Primaten kaum nach, wobei sie differenzierte Signale verwenden, um ihre Absichten kundzutun. Entscheidungen treffen sie auf Grund früherer Erfahrungen und in Kenntnis der aktuellen Situation. Sie können komplexe Probleme lösen und mit bedrohten Artgenossen mitfühlen.

Offenbar sind komplexe kognitive Fähigkeiten, die man traditionell höchstens noch manchen Menschenaffen zugesteht, im Tierreich viel weiter verbreitet als lange angenommen. Doch die neuen Forschungsergebnisse sind auch für den Tierschutz relevant: Wir sollten die Zustände in den großen Hühnerfabriken überdenken, die nur darauf ausgerichtet sind, möglichst billig Fleisch und Eier zu produzieren.

Die Hierarchie des Hühnerhofs

Forscher haben fast 100 Jahre gebraucht, um herauszufinden, was im Gehirn von Hühnern vor sich geht. In den 1920er Jahren beschrieb der norwegische Biologe Thorleif Schjelderup-Ebbe (1894-1976) erstmals die so genannte Hackordnung: Dominante Hühner setzen ihren Führungsanspruch durch, indem sie aufmüpfige Tiere mit einem scharfen Schnabelhieb zurechtweisen.

Erst 30 Jahre später zeichneten Nicholas und Elsie Collias (1914-2010 und 1920-2006) von der University of California in Los Angeles die unterschiedlichen Rufe der Hühner auf und entdeckten ein Repertoire von 24 Lauten, die anscheinend bestimmte Ereignisse bezeichnen. Droht beispielsweise eine Gefahr von oben, etwa ein hungriger Adler, so ducken sich die Tiere und stoßen sehr leise ein hohes « Iiii » aus. Das typische Gackern ertönt hingegen, wenn sich ein Bodenfeind nähert. Stoßen Hähne auf Futter, reagieren sie mit einer Serie von aufgeregten « Dock-dock »-Lauten – vor allem dann, wenn sie auf ein Weibchen in der Nähe Eindruck machen wollen.

Schon diese frühen Entdeckungen legten nahe, dass man das walnussgroße Hühnerhirn nicht unterschätzen darf. Die Rufe scheinen spezifische Informationen zu enthalten, die bei Artgenossen bestimmte Reaktionen auslösen sollen. Doch erst in den 1990er Jahren erlaubten neue Techniken, die Bedeutung der Rufe und Bewegungen zu entschlüsseln. An der Macquarie University in Sydney (Australien) setzte der Verhaltensforscher Chris Evans digitale Tonaufnahmegeräte und hochauflösende Fernsehapparate ein, um die Funktion der Hühnerrufe unter kontrollierten Bedingungen zu testen. Im Prinzip schuf er für die Vögel eine virtuelle Realität: Er umgab einen Laborkäfig mit Bildschirmen, auf denen dem Huhn ein Gefährte, ein Konkurrent oder ein Fressfeind präsentiert wurde, und zeichnete seine Reaktionen auf. Das Huhn sah beispielsweise einen Habicht über sich, einen von der Seite attackierenden Fuchs oder einen Hahn, der eine Reihe von « Dock-dock »-Lauten ausstieß.

Das Ergebnis war eindeutig: Die Laute und Bewegungen eines einzelnen Huhns übermitteln spezifische Informationen, die von anderen verstanden werden. Ein Huhn muss den Raubvogel gar nicht selbst sehen, um sich angemessen zu verhalten; es genügt, wenn es den Warnruf eines Artgenossen hört. Die Rufe sind « funktional referenziell », wie Verhaltensforscher sagen; das heißt, die Signale beziehen sich auf spezifische Objekte und Ereignisse, ähnlich wie menschliche Worte. Anscheinend entsteht durch den Ruf im Empfänger ein mentales Bild des jeweiligen Objekts und löst die entsprechende Reaktion aus – Flucht vor einem Raubtier oder Annäherung an eine Futterquelle.

Man darf das walnussgroße Hühnerhirn nicht unterschätzen

In der virtuellen Laborwelt offenbarte sich zudem, dass Hühner ihre Botschaften an das Publikum anpassen. Entdeckt ein Hahn eine Bedrohung von oben, so stößt er einen Alarmruf aus, wenn ein Weibchen in der Nähe ist; doch bei Anwesenheit eines Rivalen bleibt er still. Hennen sind genauso selektiv: Sie schlagen nur dann Alarm, wenn sie Küken haben.

Die Laute drücken also nicht bloß aus, dass das Huhn gerade erschrocken oder hungrig ist. Vielmehr deuten die Tiere die Ereignisse und reagieren nicht blind, sondern mit wohlüberlegten Handlungen. Anscheinend denken Hühner, bevor sie handeln. Das hätte man dem kleinen Vogelhirn gar nicht zugetraut. Daraus ergeben sich spannende Fragen: Wenn die Vögel Informationen über die Umwelt mitzuteilen vermögen, können sie diese dann auch zurückhalten? Können sie sogar falsche Informationen streuen, wenn das zu ihrem Vorteil ist? Darüber gibt die Untersuchung anderer Kommunikationsformen Auskunft.

Der Zweck heiligt die Mittel

Seit den 1940er Jahren ist Verhaltensforschern bekannt, dass Hühner beim Entdecken von Nahrung ein kompliziertes Schauspiel aufführen. Am auffälligsten und bekanntesten ist das Futteranbieten, mit dem der dominante Alpha-Hahn ein Weibchen zu verführen sucht. Er bewegt seinen Kopf schnell hin und her und auf und ab; dabei pickt er Futter auf und lässt es wieder fallen, um dem Weibchen zu signalisieren, dass er etwas Schmackhaftes gefunden hat. Forscher dachten zunächst, die untergeordneten Männchen würden sich währenddessen bloß möglichst unauffällig verhalten, um nicht den Zorn des Alpha-Hahns zu erregen. Doch wie sich herausstellte, beherrschen Hühner faule Tricks, um die Hackordnung zu umgehen.

Das entging den Beobachtern anfangs, weil die Tiere rasch und oft heimlichtuerisch agieren; Hühner verstecken sich gern in hohem Gras und Gebüsch. Außerdem kann eine Person nicht gleichzeitig alle Hühner beobachten. Darum entwickelte eine von uns (Smith) ein Verfahren, das sie Chicken Big Brother nannte.

In Hühnerfabriken werden Vögel, die in freier Wildbahn in kleinen Gruppen leben, mit bis zu 50 000 anderen Tieren auf engstem Raum zusammengepfercht. Wird diese Art der Haltung den schlauen Hühnern gerecht?

Die Freigehege an der Macquarie University sind weiträumig, dicht bewachsen und rundum von Netzen umgeben. Smith und ihr Team installierten dort zahlreiche hochauflösende Kameras und Mikrofone, um jede Bewegung und jeden Laut der Tiere zu erfassen. Wie erwartet krähte der Alpha-Hahn, um den Herrschaftsanspruch über seine Gruppe zu betonen. Er vollzog das Ritual des Futteranbietens, um Weibchen zu verführen. Und er stieß Alarmrufe aus, wenn Gefahr aus der Luft drohte.

Hingegen sorgten die untergeordneten Männchen für Überraschungen. Eigentlich hatte Smith erwartet, sie würden unter sich bleiben, um nicht vom Alpha-Hahn gejagt und mit Schnabel und Sporn traktiert zu werden, sobald er sie verdächtigte, sich seiner Favoritin zu nähern. Doch Kameras und Mikrofone erzählten eine andere Geschichte. Die untergeordneten Hähne zeigten ein gewieftes Verhalten, das man diesen Vögeln nie zugetraut hätte. Sie vollführten nur den sichtbaren Teil des Futteranbietens – Kopfbewegungen ohne « Dock-dock »-Rufe – und schufen damit ein neues Signal, mit dem sie ein Weibchen anlocken konnten, ohne dass der Alpha-Hahn etwas merkte.

Um die subtilen Lautäußerungen der Tiere genauer zu untersuchen, wollte Smith den Hühnern kleine Rucksäcke mit leichten schnurlosen Mikrofonen aufbinden. Aber wo sollte sie das passende Material finden? Büstenhalter wären die Lösung, dachte Smith. Sie suchte alte BHs mit einfachen Haken – vorzugsweise schwarz, damit sie nicht vom Federkleid der Hühner abstachen – und verwendete nur die Haken sowie die verstellbaren Träger, um die Mikrofone an den Hühnern zu befestigen. Diese Hilfskonstruktion mit dem Spitznamen Chicken Big Brother 2.0 nahm nun auf, was die Hühner signalisierten und was sie hörten.

Wir verspeisen unzählige dieser intelligenten Tiere und sollten uns fragen, wie wir sie behandeln

Smith interessierte besonders, wie die Tiere auf Gefahr reagieren. Warum stoßen Hähne manchmal Rufe aus, wenn sie einen Habicht oder andere Feinde erspähen, obwohl sie dadurch Gefahr laufen, selbst entdeckt und angegriffen zu werden? Forscher hatten vermutet, für den Hahn wiege der Schutz seiner Henne und der Küken das eigene Risiko auf. Smith fragte sich aber, ob weitere Faktoren das Rufverhalten beeinflussen.

Damit war sie auf der richtigen Fährte. Mit Chicken Big Brother 2.0 ließ sich zeigen, dass Hähne manchmal aus Eigennutz Alarm schlagen. Die Vögel nehmen eine Bedrohung für sich selbst, aber auch für ihre Rivalen wahr; sie rufen in der Regel, wenn sie zugleich ihr eigenes Risiko senken und das der Rivalen steigern können. Ein Hahn ruft eher dann, wenn er unter einem Busch in Sicherheit ist, während sein Rivale in offenem Gelände riskiert, vom herabschießenden Räuber gepackt zu werden. Wenn der Hahn Glück hat, schützt er sein Weibchen und schaltet gleichzeitig einen Konkurrenten aus.

Kühne Männchen, einfühlsame Mütter

Diese Strategie ist als Risikokompensation bekannt. Auch sie haben die Hühner mit uns Menschen gemein: Wir fahren tendenziell unvorsichtiger, wenn wir angeschnallt sind oder wenn das Auto mit einem Antiblockiersystem ausgerüstet ist. Ebenso sind Hähne kühner, wenn sie sich sicherer fühlen.

Die Liste der kognitiven Fähigkeiten der Hühner wird immer länger. Wie Giorgio Vallortigara von der Universität Trient (Italien) gezeigt hat, können Küken Zahlen unterscheiden und geometrische Objekte erkennen: Zeigt man ihnen ein unvollständiges Dreieck, identifizieren sie die komplette Form. Und 2011 demonstrierte Joanne Edgar von der University of Bristol (England), dass diese machtbewussten Vögel auch einfühlsam sein können.

In Edgars Experimenten beobachteten Glucken, wie ein harmloser Windstoß den Flaum ihrer Küken zerzauste. Die Küken fühlten sich dadurch bedroht und zeigten klassische Stresssymptome wie erhöhten Puls und niedrigere Augentemperatur. Interessanterweise wurden die Mütter von der Unruhe der Küken angesteckt. Sie zeigten die gleichen Stressanzeichen, obwohl sie den Windstoß nicht empfanden und die Küken offensichtlich nicht in Gefahr waren. Außerdem beruhigten die Hennen ihre Küken mit häufigeren Glucklauten. Demnach können Hühner den Standpunkt anderer Vögel einnehmen – eine Fähigkeit, die man sonst nur bei wenigen Arten kennt, etwa bei Raben, Eichhörnchen und Primaten.

Da das gewöhnliche Huhn mit anderen für ihre Klugheit bekannten Tieren nicht eng verwandt ist, ergeben sich daraus interessante Vermutungen über den Ursprung der Intelligenz. Vielleicht ist sie im Tierreich weiter verbreitet als bisher angenommen und entwickelt sich, sobald die sozialen Bedingungen einen geeigneten Nährboden bieten.

Unser Haushuhn erbte das kognitive Können vermutlich von seinem wilden Vorfahren, dem in den Wäldern Indonesiens und Chinas heimischen Bankivahuhn. Die ursprüngliche Hühnergesellschaft bestand aus mehr oder weniger stabilen Gruppen von 4 bis 13 Individuen unterschiedlichen Alters. Über jede Gruppe herrschte ein dominantes Pärchen. Wie in vielen Gesellschaften bekamen die Mächtigen, was sie wollten – Futter, Raum und Sex –, indem sie die Untergebenen einschüchterten. Die Männchen stolzierten vor den Weibchen auf und ab und versorgten sie mit Futter. Die Hennen beobachteten die Männchen sorgfältig, beurteilten sie nach ihren Taten und merkten sich, was jedes in der Vergangenheit vollbracht hatte; den hinterhältigen und bösartigen wichen sie aus. Die Reputation eines Hahns war wichtig für den langfristigen Erfolg bei den Hennen, und der Wettkampf um die Weibchen wurde erbittert geführt.

Nicht nur die Konkurrenz innerhalb der Gruppe forderte die mentalen Fähigkeiten heraus. Die Tiere wurden auch von außen bedroht, zum Beispiel von Fressfeinden wie Füchsen und Habichten, und jede dieser Gefahren erforderte ein anderes Fluchtverhalten. Das Federvieh musste intelligente Strategien entwickeln, um mit seinesgleichen und mit äußeren Bedrohungen zurechtzukommen – und um darüber zu kommunizieren. Diese Fähigkeiten hat das Haushuhn behalten.

Wir verspeisen unzählige dieser intelligenten Tiere und sollten uns fragen, wie wir sie behandeln. Denn wir pferchen Vögel, die in der Wildnis in kleinen Gruppen leben, mit bis zu 50 000 anderen auf engstem Raum zusammen. Die natürliche Lebenserwartung von annähernd zehn Jahren schrumpft bei Masthähnchen auf sechs Wochen. Sie werden so früh getötet, weil man sie für rasches Wachstum gezüchtet hat; ältere Tiere würden an Herzerkrankungen, Osteoporose und Knochenbrüchen leiden. Den meisten Legehennen ergeht es kaum besser: Sie leben nur 16 Monate auf einer Fläche von 0,11 Quadratmeter.

Erst die von den sozial lebenden Vorfahren ererbte Flexibilität und Anpassungsfähigkeit ermöglicht dem Haushuhn sein elendes Dasein; es überlebt sogar unter den unnatürlichen Bedingungen der Intensivtierhaltung. Daran wird sich nichts ändern, solange sich die meisten Menschen nicht um die Herkunft ihrer Nahrung kümmern und nicht wissen, welche bemerkenswerten Fähigkeiten Hühner haben.

Immerhin ändert sich allmählich das Konsumverhalten. In Europa und in einigen Staaten der USA verbessern neue Gesetze die Unterbringung von Legehennen. Doch die Bedingungen, unter denen Masthähnchen aufgezogen werden, sind den meisten Menschen kaum bewusst.

Der virtuelle Gockel

Da Hühner einander bereitwillig auf Fernsehschirmen beobachten, entwickelte eine von uns (Smith) mit Hilfe der in modernen Kinofilmen verwendeten Computeranimationstechnik einen täuschend echt wirkenden virtuellen Hahn. Damit konnten Smith und ihr Team studieren, was das Ausdrucksverhalten der Tiere bedeutet und wie sie einander wahrnehmen. Auf diese Weise löste sich auch das alte Rätsel, warum der Gockel einen Kehllappen besitzt, ein schlaff vom Schnabel herabhängendes Stück Haut.

Beim Ausdrucksverhalten « Futteranbieten » signalisiert der Hahn begehrten Partnerinnen durch verführerisches Kopfwackeln, dass er Futter gefunden hat. Der Kehllappen schwingt dabei mitunter so heftig hin und her, dass er rechts und links an den Kopf schlägt.

Jahrzehntelang blieb der Nutzen des Kehllappens rätselhaft. Smith vermutete, er mache das Futteranbieten auffälliger und dadurch den Hahn attraktiver. Natürlich konnte sie schlecht einem lebenden Hahn das Hautstück abschneiden, um die Reaktion der Weibchen zu beobachten. Stattdessen schuf sie einen virtuellen Hahn, der einer echten Henne das Futteranbieten vorspielte, und variierte Größe und Flexibilität des Anhängsels. Wie sich zeigte, lenkt ein Kehllappen die Aufmerksamkeit der Hennen geradezu hypnotisch auf den Hahn, der Futter zu bieten hat. Der Gockel bezahlt für seinen Kopfschmuck vermutlich einen Preis: Ein großer Lappen erfordert einen erhöhten Testosteronspiegel; das schwächt das Immunsystem und somit die Gesundheit. Doch das Opfer an Lebenszeit macht sich durch erhöhte Fortpflanzungschancen bezahlt.

Manchmal schuf die Intelligenz der Hühner bei den Tests unerwartete Probleme. Oft störte ein Vogel das Experiment, indem er ein völlig unerwartetes Verhalten zeigte. Bei einem Versuch konnte eine Henne den Film eines Hahns beim Futteranbieten betrachten, musste aber zunächst hinter einer ferngesteuerten Tür warten.

Die Henne mit dem Spitznamen 007 war für ihre Aufmüpfigkeit bekannt. Während sie hinter der Tür warten sollte, begann sie mit ungeduldigen Kopfbewegungen den Schließmechanismus zu untersuchen. Nach wenigen Augenblicken zog 007 sorgfältig den Draht ab, der den Riegel geschlossen hielt. Die Tür ging auf, und die Henne hatte vor sich, was sie wollte: den Hahn mit dem Futter. Nach diesem einen Versuch wartete 007 niemals mehr hinter der Tür. Obwohl die Forscher den Schließmechanismus mehrmals veränderten, kam ihnen 007 jedes Mal auf die Schliche und öffnete die Tür selbst.

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