Alimentation vegan – Le nouveau bio

Le texte ci-dessous est une traduction d'un article paru dans la
Süddeutsche Zeitung online du 11 février 2015 
Vous trouverez le texte original en allemand à la fin de cet article.

De plus en plus populaires : les aliments végétariens

11 février 2015 Süddeutsche Zeitung online
auteure : Silvia Liebrich
Les produits vegan sont de plus en plus populaires. Le chiffre d’affaires du secteur augmente.
De leur côté, les magasins de discount réagissent rapidement et proposent des aliments vegan à leur tour.
Les défenseurs des consommateurs en revanche critiquent que bon nombre de ces aliments vegan ne soient pas forcément bio.
Ce n’est pas obligatoirement un comportement écologique que de consommer des aliments qui viennent de l’autre bout du monde.

Pour les uns, il s’agit d’une conception de la vie. Pour les autres, c’est tout simplement une aubaine commerciale. L’alimentation vegan est à la mode, de plus en plus de personnes se tournent vers une alimentation purement végétale. De nos jours, plus personne ne doit avoir l’impression de se priver de quoi que ce soit en agissant de la sorte. On trouve de tout dans les filiales de la première chaine de supermarchés exclusivement consacrée à l’alimentation vegan « Veganz ». En entrant dans ces magasins, le consommateur est plongé dans un monde de produits qui peuvent parfois surprendre. Parmi eux, la dinde au rayon des surgelés, affichant la coquette somme de plus de 50 €, a l’air d’être tout à fait authentique. Selon les indications de son fabricant américain, elle a été fabriquée à base de soja, de fécule végétale et de sucre, puis modelée en forme de dinde. Même les animaux de compagnie n’ont pas été oubliés. Dans l’allée suivante, un choix de nourriture pour chiens purement végétale est proposé.

Les produits vegan ont depuis longtemps quitté leur niche commerciale. La foire commerciale « Biofach », débutant ce mercredi à Nuremberg et qui constitue un des rendez-vous les plus importants de la scène écologique internationale, veut s’adapter à cette nouvelle demande des consommateurs. Cette année, et pour la première fois, une exposition spéciale est consacrée à la consommation 100 % non-animale avec plus de 730 exposants présentant des produits exclusivement vegan.

Véritable boom vegan

La demande est importante. Le lait de soja, les saucisses de tofu et autres produits vegan se retrouvent de plus en plus fréquemment dans les chariots des consommateurs. Les chiffres du secteur sont également éloquents. Le chiffre d’affaires augmente rapidement, avec une croissance de 17 % en moyenne depuis 2010 selon le portail de statistique en ligne « Statista ». Le chiffre d’affaires des produits déclarés vegan, comprenant également des cosmétiques, des vêtements et même du terreau pour plantes vegan est estimé de nos jours à plus de 700 millions d’euros par an (en Allemagne). En comparaison, le marché bio allemand dans sa totalité affichait une croissance de 5 % pour atteindre à peine 8 milliards d’euros.

Plus grand, mais pas assez grand
D’abord la bonne nouvelle : l’année dernière aussi, le secteur de la bio en Allemagne a bénéficié d’une croissance. Le nombre de producteurs bio a augmenté de 2.9 % pour atteindre le nombre de 23 937 entreprises et les surfaces agricoles consacrées à la bio ont augmenté de 2.7 % pour arriver à 1.01 millions d’hectares. Malgré tout, cette croissance est loin de couvrir la demande des consommateurs pour des produits alimentaires bio. Les chiffres du marché exploités par le groupe parlementaire des verts au Bundestag le démontrent. Le Süddeutsche Zeitung a pu accéder a ces données.
Selon ces données, 33 % du lait bio consommé en Allemagne a dû être importé de l’étranger. Il est en de même pour 39 % du beurre bio, 38 % des oignons, 42 % des carottes, 43 % des pommes et 20 % de la viande de porc bio. Ce sont là des chiffres alarmants pour le président du groupe parlementaire des verts, Anton Hofreiter. « Il n’est pas logique de transporter des aliments sur de longues distances et de les importer si on peut tout aussi bien les produire ici. » D’après lui, la faute en est la « politique agricole à reculons » du gouvernement fédéral. « Malgré le fait que de plus en plus de personnes achètent des produits alimentaires biologiques, le gouvernement mise sur l’élevage intensif et encourage l’exportation de viande bon marché, » critique-t-il. Le gouvernement met des « bâtons dans les roues » des plus petites entreprises. Les subventions de l’union européennes doivent être redéployées d’urgence. « Les subventions actuelles au profit de l’agriculture biologique sont disproportionnées par rapport à la demande croissante. »

Le Bund Ökologische Lebensmittelwirtschaft (organisation fédérale de producteurs, transformateurs et distributeurs d’aliments écologiques) s’attend à une importante orientation des consommateurs vers une nourriture végétarienne et vegan. Le Bundesverband des Deutschen Lebensmittelhandels (organisation fédérale du commerce de détail alimentaire) est impressionné de la même manière. « Avec de tels taux de croissance cette tendance vegan devient également intéressante pour le commerce alimentaire conventionnel » dit un de leurs porte-parole. Il suppose que cet essor est surtout dû à la critique croissante de l’élevage intensif.

Dans le même temps, cette dernière organisation met en garde devant une surestimation de cette tendance. Le nombre de personnes vegan en Allemagne est toujours relativement faible. Un sondage récent de l’institut de sondage Yougov le confirme. 1,1 % des sondés seulement affirmaient se nourrir exclusivement de façon vegan. En revanche, 88 % des sondés avouaient une consommation régulière de viande. En outre, d’autres études le démontrent : le consommateur typique vegan est de sexe féminin ayant fait des études supérieures. Une chose est sûre, le style de vie vegan peut revenir assez cher. Le pot de glace de 500 g coûte cinq euros et plus chez Veganz. Le shampooing ou le gel douche vegan revient en moyenne jusqu’à quatre ou cinq fois plus cher qu’un produit conventionnel.

Les magasins de discount réagissent déjà

Les grandes chaines de distribution de même que Lidl et Aldi, les magasins de hard discount, ont compris entre-temps qu’ils peuvent faire de jolis bénéfices grâce à la philosophie vegan. Ils en proposent tous au moins un petit assortiment qui est continuellement en train de s’agrandir. « Nous observons une demande croissante à laquelle nous nous adaptons constamment, » dit un porte-parole de chez Rewe, chaine de supermarchés. En élargissant l’offre, le chiffre d’affaires de ce jeune secteur serait en train d’augmenter de la même manière. Son concurrent, Edeka, va encore un peu plus loin en proposant des produits de substitution à la viande sous sa propre marque qui non seulement doivent suffire à des normes végétariennes mais également à celles pour les vegan.

L’ancien manager de chez Daimler, Jan Bredack, a senti cette tendance très tôt et a fondé en 2011 l’entreprise Veganz, la première chaîne de supermarchés purement vegan en Europe. Sa devise est : « Nous voulons changer, enthousiasmer le public, animer les gens et les faire réfléchir. » Le succès lui a donné raison. Depuis, l’entreprise possède neuf magasins en Allemagne, Autriche et en République tchèque ; D’ici à la fin 2015, il compte ouvrir 21 filiales  dans toute l’Europe.

Tout ceci n’a pas grand rapport avec une alimentation naturelle

Les associations de consommateurs observent cette tendance avec des sentiments mitigés. Susanne Moritz, de la centrale de défense des consommateurs en Bavière, émet la critique de la transformation importante de beaucoup de ces produits vegan prêts à une consommation immédiate. « Beaucoup d’additifs, d’aromates et autres adjuvants sont ajoutés à ces produits afin d’arriver à la consistance et à l’aspect voulus. Il y a peu de rapport avec une alimentation naturelle. » S’y ajoute le manque d’un cahier des charges comme il en existe concernant l’alimentation biologique. Les produits vegan sont signalés par un « V ». Ce qui ne veut absolument pas dire qu’ils soient automatiquement bio.

La représentante des consommateurs voit un autre problème dans les informations indiquées sur les paquets. Beaucoup de ces produits sont importés car ils ne sont pas produits localement. « Nous constatons fréquemment que les indications en allemand font défaut, ce qui constitue une fraude selon la loi européenne de protection des consommateurs. » En outre elle se pose la question « de la « durabilité », car ces produits sont transportés à travers le monde. »

 

 

Dies ist der Originalartikel der in der 
Süddeutschen Zeitung online vom 11/02/2015 erschienen ist

Vegane Ernährung: Das neue Bio

11. Februar 2015, Süddeutsche Zeitung

  • Vegane Produkte werden immer beliebter. Die Umsätze der Branche steigen.
  • Viele Discounter reagieren auf den Trend und bieten ihrerseits vegane Lebensmittel an.
  • Verbraucherschützer kritisieren aber, dass vegane Produkte oft nicht bio seien.
  • Zugleich sei es wenig nachhaltig, wenn Waren um die halbe Welt transportiert würden.

Von Silvia Liebrich

Für die einen ist es eine Lebenseinstellung. Für die anderen einfach nur ein gutes Geschäft: Vegane Ernährung liegt im Trend, immer mehr Menschen steigen auf rein pflanzliche Kost um. Verzicht üben muss dabei heute niemand mehr. In den Filialen der ersten rein veganen Supermarktkette Veganz etwa mangelt es an nichts. Wer die Läden betritt, taucht ein in eine Warenwelt, die einige Überraschungen zu bieten hat. Dazu gehört etwa die echt wirkende Pute im Gefrierschrank für gut 50 Euro, die nach Angaben des US-Herstellers unter anderem aus Soja, Pflanzenstärke und Zucker modelliert wurde. Selbst für Haustiere ist gesorgt: Einen Gang weiter gibt es eine Auswahl an pflanzlichem Hundefutter.

Vegane Produkte sind längst mehr als einfach nur Nischenartikel. Dem will nun auch die Messe Biofach gerecht werden, die an diesem Mittwoch in Nürnberg beginnt und als einer der wichtigsten Treffpunkte der internationalen Ökoszene gilt. Erstmals gibt es dort in diesem Jahr eine Sonderschau, die sich dem völlig tierfreien Konsum widmet, mehr als 730 Aussteller stellen vegane Produkte vor.

Veganer Boom

Die Nachfrage ist groß. Sojamilch, Tofuwürstchen und andere vegane Produkte landen immer häufiger im Einkaufswagen. Das schlägt sich auch in den Branchenzahlen nieder. Der Umsatz wächst rasant, seit 2010 mit jährlichen Zuwachsraten, die im Schnitt bei 17 Prozent liegen, wie der Datenanbieter Statista angibt. Der Umsatz mit vegan deklarierten Artikeln – darunter fallen etwa auch Kosmetika, Kleidung und vegane Blumenerde – wird inzwischen auf mehr als 700 Millionen Euro im Jahr geschätzt. Zum Vergleich: Der gesamte deutsche Biomarkt legte 2014 um fünf Prozent auf knapp acht Milliarden Euro zu.

Größer, aber nicht groß genug

Die gute Nachricht vorweg: Auch im vergangenen Jahr ist die Biobranche in Deutschland gewachsen. Die Zahl der Öko-Betriebe stieg um 2,9Prozent auf 23 937 – und die ökologisch bewirtschafteten Flächen um 2,7Prozent auf 1,01 Millionen Hektar. Und doch reicht der Anstieg bei Weitem nicht, um die Nachfrage der Verbraucher nach Biolebensmitteln zu decken. Das zeigen Marktdaten, die die grüne Bundestagsfraktion ausgewertet hat. Die Auswertung liegt der Süddeutschen Zeitung vor.

Demnach muss 33 Prozent der hierzulande konsumierten Biomilch aus dem Ausland importiert werden. Gleiches gilt für 39 Prozent der Biobutter,38 Prozent der Biozwiebeln, 42 Prozent der Biomöhren, 43 Prozent der Bioäpfel und 20 Prozent des Bioschweinefleischs. Für den Grünen-Fraktionschef Anton Hofreiter sind das alarmierende Zahlen. « Mir erschließt sich nicht, warum Lebensmittel über riesige Strecken transportiert und importiert werden sollen, wenn sie genauso gut hier produziert werden könnten. »

Seiner Ansicht nach ist die « rückwärtsgewandte Agrarpolitik » der Bundesregierung schuld an der Entwicklung. « Obwohl immer mehr Menschen Biolebensmittel kaufen, setzt die Bundesregierung auf Massentierhaltung und fördert Billigfleisch-Exporte », kritisiert er. Den kleinen Betrieben dagegen lege man « Bremsklötze in den Weg ». Die Fördergelder der EU müssten dringend umgeschichtet werden. « Die bisherige Unterstützung für Biolandwirtschaft steht in keinem Verhältnis zur wachsenden Nachfrage. »Daniela Kuhr

Veganes und vegetarisches Essen sei der nächste große Trend in der Biobranche, erwartet der Bund Ökologische Lebensmittelwirtschaft (BÖLW). Auch beim Bundesverband des Deutschen Lebensmittelhandels (BVLH) zeigt man sich beeindruckt. « Mit diesen Wachstumsraten wird der vegane Trend auch für den konventionellen Handel interessant », sagt ein Sprecher. Er vermutet, dass wachsende Kritik an der Tierhaltung dazu beigetragen hat.

Zugleich warnt der Handelsverband aber davor, den Boom zu überschätzen. Nach wie vor sei die Zahl der Veganer in Deutschland relativ gering. Das bestätigt auch eine aktuelle Umfrage des Meinungsforschungsinstitut Yougov. Nur 1,1 Prozent der Befragten gaben an, dass sie sich überwiegend vegan ernähren. Dagegen bekannten sich88 Prozent zu regelmäßigem Fleischkonsum. Studien zeigen zudem: der typische Veganer ist weiblich und hat studiert. Fest steht aber auch, dass das vegane Leben ganz schön teuer werden kann. Ein 500-Gramm-Becher Eis kostet bei Veganz fünf Euro und mehr. Veganes Shampoo oder Duschgel ist bis zu vier Mal teuerer als ein konventionelles Produkt.

Die Discounter reagieren schon

Die großen Handelskonzerne, selbst Aldi und Lidl, haben mittlerweile erkannt, dass sich mit der veganen Lebensphilosophie gutes Geld verdienen lässt. Alle bieten zumindest ein kleines Sortiment an, und das wird stetig ausgebaut. « Wir beobachten eine steigende Nachfrage, auf die wir uns bewusst einstellen », sagt ein Rewe-Sprecher. Mit der Ausweitung des Angebots steige auch der Umsatz dieser jungen Warengruppe. Konkurrent Edeka geht noch einen Schritt weiter, mit einer neuen Eigenmarke für Fleischersatzprodukte, die nicht nur vegetarischen, sondern auch veganen Standards entsprechen soll.

Einer, der den Trend frühzeitig erkannt hat, ist der ehemalige Daimler-Manager Jan Bredack, der 2011 Veganz, die erste rein vegane Supermarktkette in Europa, gegründet hat. Seine Vision: « Wir wollen verändern, mitreißen, animieren und die Menschen zum Nachdenken bringen. » Der Erfolg gibt ihm recht. Inzwischen betreibt die Firma neun Geschäfte in Deutschland, Österreich und Tschechien. Bis Ende 2015 sind europaweit 21 Filialen geplant.

« Mit naturbelassener Ernährung hat das wenig zu tun »

Verbraucherschützer verfolgen den Boom mit gemischten Gefühlen. Susanne Moritz von der Verbraucherzentrale Bayern kritisiert, dass viele vegane Fertigprodukte stark verändert seien. « Um die gewünschte Konsistenz und das Aussehen zu erreichen, werden viele Zusatzstoffe, Aromastoffe und andere Hilfsmittel eingesetzt. Mit naturbelassener Ernährung hat das wenig zu tun. » Hinzu komme, dass es keine strengen Herstellungsrichtlinien gebe, wie für Bioprodukte. Vegane Produkte sind mit einem « V » gekennzeichnet. Das bedeute jedoch nicht, dass sie automatisch auch bio seien.

Ein weiteres Manko sieht die Verbraucherschützerin in den Angaben auf den Verpackungen. Viele der veganen Produkte kommen aus dem Ausland, weil das inländische Angebot fehlt. « Wir stellen fest, das immer wieder Erklärungen auf Deutsch fehlen, das ist nach EU-Recht nicht erlaubt. » Außerdem fragt sie sich, « wo der Nachhaltigkeitsgedanke bleibt, wenn Waren um die halbe Welt transportiert werden müssen ».

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