Insectes télécommandés – Ferngesteuerte Insekten

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Le texte ci-dessous est une traduction d'un article 
paru dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung online 
du 16/11/2014
Vous trouverez le texte original en allemand à la fin de cet article.

Comment je suis devenue un cafard

De nombreuses personnes réagissent avec peur et dégoût face aux cafards. Mais dans le monde scientifique ces petits insectes rampants sont des objets d’étude très prisés pour observer les fonctions du système nerveux. Les profanes ont-ils aussi le droit d’expérimenter avec eux ? Une expérience personnelle.

Auteure Ina Hübener

FAZ 16/11/2014

Depuis quelques mois j’ai de nouveaux locataires : des cafards. Mais ils ne sont pas arrivés par surprise chez moi. Je les ai achetés de ma propre initiative. Maintenant vous vous demandez certainement : Comment quelqu’un peut-il avoir des cafards chez lui de son propre gré ? C’est tout de même de la vermine et la quintessence du dégoût. Je dois avouer qu’il y a un an encore, je pensais la même chose.

C’est la faute à une petite vidéo que j’ai regardée sur internet. Fascinée et incrédule j’observe comment un cafard se transforme en cyborg devant mes yeux. En quelques minutes on peut créer un être hybride, un animal technologique rampant, télécommandable à l’aide d’un simple mouvement du doigt sur un smartphone, comme une voiture téléguidée. Une voix off signale qu’il faut uniquement un cafard, des électrodes, qu’on introduit dans les antennes de l’insecte, et une puce pilotée par un smartphone. Et le fin du fin : dans quelques mois ce kit transformant tout cafard ordinaire en un être hybride serait en vente libre, pour tout un chacun !
Pendant un petit moment je suis choquée. Puis la curiosité l’emporte. Voilà une possibilité excitante pour une future scientifique de neurologie comme moi : pouvoir explorer le système nerveux du cafard avec ses seulement cent millions de cellules nerveuses, contrairement aux cent milliards de l’être humain. Je commande le kit « RoboRoach » l’après-midi même pour 99 dollars chez Backyard Brains, une jeune pousse américaine.

Des préoccupations éthiques

Mais bientôt des doutes naissent. En ai-je le droit ? De quel droit je me mets ainsi au-dessus d’un animal, est-ce éthiquement défendable ? Est-ce compatible avec mes principes moraux ?

Je vais chercher conseil auprès de Jörg Luy. Il est vétérinaire, philosophe et directeur de l’institut de protection des animaux et de comportement animal à l’Université Libre de Berlin. Il répond immédiatement à mon mail. Le problème fondamental serait la nature du cafard, écrit-il. Scientifiquement nous ne pouvons pas encore affirmer si le cafard est un « robot biologique » non consciemment sensible, tel une plante, ou au contraire un animal consciemment sensible, explique-t-il. « S’il s’avérait qu’il s’agit uniquement ‘de robots biologiques’ la plupart des préoccupations éthiques seraient alors caduques. » Mais comme on ne peut exclure la sensibilité consciente d’un cafard, ce kit serait contraire à nos principes moraux. Jörg Luy m’explique la situation juridique : seulement dans le cas d’une preuve scientifique de sensibilité consciente chez le cafard, l’Allemagne ou l’Union Européenne pourraient défendre le doit des animaux contre la liberté d’action générale. Le cafard ne jouissant pas de cette protection juridique, je me trouve donc dans une zone grise peu confortable éthiquement, mais du point de vue juridique je suis tranquille.

Même si je me sens encore un peu mal à l’aise je décide de tenter l’expérience. J’ai besoin d’un cafard relativement grand de quatre à cinq centimètres de longueur pour le cyborg. Le cafard doit être suffisamment fort pour pouvoir porter plus tard la puce de la télécommande d’un poids de 4.5 grammes. Je trouve une boutique en ligne qui vend des insectes comme nourriture pour animaux. Avec enthousiasme je clique à travers les diverses variétés de cafards : de la blatte de Turquie en passant par la blatte des jardins jusqu’à la grande blatte de Madagascar. Mais comme il fait froid, un couteux emballage thermique serait nécessaire. Je fais une tentative dans un magasin de bricolage où les cafards sont déjà épuisés. Mardi prochain un arrivage de blattes géantes d’Argentine est prévu. En attendant leur arrivée je discute de mes intentions avec des amis. Les réactions sont assez diverses passant de quelques rares « oh, c’est passionnant, tu dois m’en dire davantage » à des regards pleins de peur et quelques brefs arrêt de la respiration. La répugnance pour ces rapides insectes rampants à l’air d’être profondément ancrée.

Rapides et par terre

D’où vient donc cette terreur primitive des cafards ? Je téléphone avec le spécialiste des insectes Holk Cruse de l’Université de Bielefeld. Il pense que la rapidité de mouvement des cafards soit déterminante : « Nous, les hommes, nous avons probablement un réflexe de peur inné : Ce qui se trouve par terre et qui est rapide représente en quelque sorte un danger. C’est probablement fixé en nous par une stratégie évolutionnaire » pense Holk Cruse. Ce n’est donc pas par hasard que nous trouvons les blattes désagréables. Ce sont les insectes rampants les plus rapides au monde avec une vitesse au sprint de 5.4 km par heure. Une tentative telle que je l’envisage avec les cafards pourrait-elle aider à  réduire l’aversion contre les blattes ? « C’est une vision que je soutiendrais » dit Holk Cruse. Pour l’instant j’ai toujours beaucoup d’appréhension vis-à-vis des cafards. Que faire si l’un d’entre eux s’échappe et se multiplie à la maison ?

Mon ami et moi décidons de construire un centre de haute sécurité pour les cafards. Nous achetons un aquarium, et mon ami construit un lourd couvercle précisément ajusté à base de moustiquaire en fil métallique pour l’aération. Un vieux collant rose porcelet dont nous coiffons le couvercle de toutes nos forces sert de deuxième clôture de sécurité. Une construction visuellement chaude. Maintenant même le plus petit bébé blatte ne peut plus s’échapper, tout au moins nous l’espérons.

De nouveaux locataires

Pendant deux mardis consécutifs j’attends dans le magasin de bricolage pour m’entendre dire que mes blattes n’ont malheureusement pas été livrées. Il est plus difficile d’acheter un cafard qu’un chien ! Après plusieurs coups de fil nous arrivons finalement à trouver quelques blattes de forêt dans un magasin pour animaux. Quand nous posons nos protégés dans leur enceinte l’une d’entre elles me passe timidement sur la main. Ses petites pattes d’aspect filigrane me chatouillent, elles ont presque l’air de coller à ma main.

Nos nouveaux locataires se sentent visiblement bien dans leur enceinte. Certains grignotent de petits morceaux de pommes, des restes de notre petit déjeuner. Les cafards des forêts sont des omnivores faciles d’entretien. Ils ne peuvent ni grimper sur des parois lisses ni voler ce qui est un autre avantage. Un cafard sort prudemment ses antennes d’une des boites à œufs qui leur servent de refuge. Les boites à œufs représentent des cachettes idéales pour les cafards selon certaines contributions sur internet. Ces animaux craignant la lumière adoreraient se blottir les uns contre les autres dans les alvéoles. Ces insectes dont le nom scientifique est blattoptères me fascinent de plus en plus au fur et à mesures de mes lectures.

Des animaux indestructibles

Depuis plus de 300 millions d’années les blattes colonisent notre planète. Elles remuaient donc déjà à l’époque où les dinosaures se développaient. Il y a environ 4600 espèces de cafards et on en découvre de nouvelles chaque année. La plupart d’entre eux vivent dans une zone de 30 degrés de latitude au sud et au nord de l’équateur, là où il fait constamment chaud et humide. Ces petits animaux indestructibles ont été observés partout, hormis dans les régions polaires.

Les cafards sont de véritables experts en survie et des maîtres de l’adaptation. Ainsi depuis le milieu des années 80, nous, les hommes, essayons de détruire les cafards à l’aide d’appâts à base d’un mélange d’insecticide et de sucre. Mais en l’espace de quelques années les populations de la blatte germanique ont développé un nouveau comportement : une aversion contre le glucose. Coby Schal de l’Université d’État de Caroline du Nord à Raleigh et ses collègues ont réussi à découvrir l’année dernière le mécanisme biologique qui y contribue. Ils le rapportent dans « Science » (doi : 10.1126/science.1234854) : le glucose stimulerait chez les cafards parallèlement les récepteurs de goût amer et supprimerait même l’effet du glucose auprès des récepteur de sucre. Grâce à cette adaptation qu’ils transmettent également à leur descendance les appâts empoisonnés ne peuvent les affecter. Nous sommes donc à un à zéro pour les cafards dans la lutte pour la suprématie sur notre planète.

 

man-nehme-eine-kakerlakeDe l’eau glacée comme anesthésiant

Entre-temps j’ai acquis tous les ustensiles pour créer mon cafard cyborg. La nuit d’avant l’expérimentation je dors d’un sommeil agité. Le dimanche matin j’étale tous les ustensiles proprement devant moi sur la table basse du canapé : de la pâte à modeler, des essuie-tout, du papier de verre fin, une tasse contenant des glaçons, des cure-dents, des disques de coton, un bâtonnet à glace en bois, de la colle à prise rapide, des ciseaux à ongles, des aiguilles, de la colle thermo fusible, une pincette et une pince, une loupe, un chronomètre, un stylo, des électrodes, le mode d’emploi et un protocole expérimental. Il ne manque plus que le cafard. Avec mon ami qui me seconde lors de mon expérimentation, je choisis une femelle forte dont la moitié d’une antenne manquait déjà à son arrivée chez nous.

Tout d’abord je plonge le cafard dans l’eau glacée à l’aide de la pincette jusqu’à ce qu’il ne bouge plus. Le chronomètre du portable indique quatre minutes. Le cafard est maintenant anesthésié, étant un animal poïkilotherme il s’adapte à la température ambiante. Il faut agir très vite dès que la blatte est sortie du bain glacé. Je sèche le bouclier du cafard frénétiquement à l’aide d’un disque en coton sur le dessus. Ensuite à l’aide du papier de verre je rends la carapace rugueuse pour que la colle puisse prendre. Sur la carapace de l’animal immobile je fixe les trois électrodes munis de leur support noir pour la télécommande à l’aide d’une goutte de colle rapide et plonge le cafard à nouveau pour deux minutes dans le bain d’eau glacée. Le refroidissement doit être répété à chaque étape pour que le cafard reste anesthésié et ne s’enfuit pas.

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L’amputation de l’organe sensorieldie-elektroden-werden-in-die

Maintenant débute la partie la plus délicate : l’introduction des électrodes. Je fixe le cafard sur la table d’opération à l’aide de pâte à modeler, je sèche son thorax, je ponce brièvement et perce ensuite un minuscule trou dans la carapace de chitine derrière sa tête à l’aide d’une aiguille à coudre stérilisée. Il ne faut en aucun cas percer le trou exactement au milieu sous peine d’endommager l’œsophage. À l’aide d’une pincette et avec des doigts tremblants j’introduis l’électrode de masse dans le trou de la carapace à un millimètre de profondeur.

Aux antennes maintenant. J’attrape les ciseaux à ongles de manière hésitante et retiens ma respiration. Shlac. Le bout inerte de l’antenne gauche tombe sur la table. L’animal ne possède plus que six millimètres de l’organe sensoriel.

Il ne ressent probablement pas de douleur lors de l’opération. D’après nos connaissances actuelles les cafards sont incapables de ce sentiment, me confirma le chercheur en insectes Holk Cruse. Malgré tout je prive le cafard d’un organe sensoriel essentiel. Ses antennes sont équipées de récepteurs pour la température, le mouvement et l’odeur. Pourra-t-il se débrouiller plus tard avec son antenne restante ? Dans la nature il n’aurait probablement aucune chance. Mais dans mon enceinte il trouve de la nourriture dans chaque coin et ne doit pas craindre les prédateurs.

Que peut provoquer un tel kit chez des adolescents ?

Aujourd’hui je sens que j’ai dépassé une limite. Jamais de ma vie j’ai autant entravé la liberté d’un être vivant. Depuis deux ans j’étudie le système nerveux pour devenir peut-être chercheuse en neurosciences et faire des recherches sur la maladie d’Alzheimer ou continuer à déchiffrer le fonctionnement de base de notre cerveau dans quelques années. Depuis que j’ai choisi cette voie je me prépare mentalement à l’éventualité d’expérimenter un jour avec des animaux. Des expérimentations sur les animaux font partie du quotidien des chercheurs. Malgré tout l’essai avec les cafards me laisse une plaie ouverte dans la conscience.

Que peut provoquer une telle expérimentation dans la psychologie vulnérable d’un adolescent ? Ce kit « RoboRoach » peut tout de même être commandé par tout un chacun. « Je peux m’imaginer que les jeunes essayeront de faire de telles choses avec des animaux vertébrés, des chats ou des chiens » craint Jürgen Ptucha. Il travaille en psychiatrie médico-légale au centre de détention pour mineurs à Ichtershausen et il a beaucoup d’expérience avec des adolescents violents. Il explique qu’il y a de nombreuses raisons de torturer des animaux. « On défoule sa propre impuissance vécue dans la famille sur un animal. Souvent c’est aussi de la vengeance. Parfois c’est dû à une mauvaise expérience avec un animal, par exemple on a été mordu par un chien et l’on se venge sur des animaux similaires. » Quels que soient les motifs, une chose est sûre, torturer des animaux est dans tous les cas une caractéristique négative. « Faire pipi au lit, incendier volontairement et torturer des animaux est une triade à risque pour une future carrière de délinquant. »

Comme un jouet

Serait-il malgré tout possible que des adolescents profitent d’une expérimentation avec un insecte vivant et collectent des expériences neuroscientifiques précieuses comme promis par les développeurs du cafard cyborg ? « Je pense que des adolescents à partir de quatorze ou quinze ans peuvent en tirer profit. À condition de le faire lors de l’enseignement à l’école dans le contexte du fonctionnement du système nerveux », dit Marc Allroggen, médecin chef de la Clinique de Psychiatrie pour enfants et adolescents de l’Université d’Ulm. « En-dessous de cet âge je ne pense pas que ce soit recommandable. » Il reste divisé face à cette expérimentation. Ce qui lui pose problème c’est la présentation du cafard cyborg qui ressemble à un « jouet » ou un « coffret de petit chimiste ». Le fait d’agir réellement sur un animal vivant passe au second plan à ses yeux. Tout comme Jürgen Ptucha il craint que les adolescents puissent transférer cette expérimentation sur d’autres animaux. Sur ce point ils sont rejoints par Ursula Wolf. La philosophe de l’Université de Mannheim dit : « Les enfants généralisent cela naturellement à d’autres animaux. Un enfant ignore si un insecte ou un autre animal ressent de la douleur. »

Pendant que je remue tous ces doutes dans ma tête, l’antenne coupée du cafard m’exhorte. Munie d’une loupe j’essaie d’introduire l’électrode de gauche dans le trou. Enfin l’électrode y est, je la fixe rapidement avec de la colle rapide. J’exécute la même procédure avec l’antenne de droite. Maintenant il faut maintenir les fils de façon très serrée pour que le cafard ne puisse pas arracher les électrodes. Pour cela je verse une goutte d’un pistolet basse température à colle thermo fusible pour enfants sur la fixation de la télécommande et l’étale à l’aide d’un bâtonnet à glace en bois fariné. C’est prêt. Le cafard se réveille lentement de son anesthésie. Je lui donne encore un peu de salade à grignoter et lui propose un rouleau d’essuie-tout vide comme cachette.

Sans succès

Avant de pouvoir tester si l’opération a été couronnée de succès, je dois attendre au moins quatre heures que le cafard ait récupéré de sa fatigue. Quand je le regarde deux heures plus tard, il s’est déjà arraché une électrode de l’antenne et l’électrode de masse pendouille mollement au dessus de son corps. Un désastre. Quelles erreurs ai-je commises ? Les électrodes n’étaient-elles pas fixées assez profondément, la colle était-elle trop liquide ? Le lendemain je retourne au magasin de bricolage et j’y achète de la colle ultra rapide très épaisse. La tentative réussira avec un deuxième cafard et la nouvelle colle.

Notre table basse sert de nouveau comme piste d’essai. Avant le début il faut connecter le petit sac à dos aux électrodes. Le raccordement est malaisé. Le cafard tient bien sur ses pattes avec son sac à dos électronique, mais ne bouge presque plus tout seul. Voilà le moment décisif. Je raccorde l’application du smartphone au cafard cyborg et la télécommande s’illumine en bleu. La connexion est effectuée. Je glisse mon pouce droit vers la droite et injecte ainsi une micro tension de 55 Hz dans l’antenne gauche du cyborg, c’est une stimulation des neurones qui fonctionne à peu près comme une stimulation cérébrale profonde utilisée chez les malades de Parkinson. Les cellules nerveuses dans l’antenne sont activées par l’impulsion du courant et transmettent des potentiels d’action au cerveau. Ainsi on suggère au cafard qu’il se heurte à un obstacle à gauche. Le cafard semble se détourner légèrement de l’obstacle imaginaire vers la droite. Un deuxième essai. Maintenant il rampe de lui-même, je glisse mon pouce à gauche. Le cyborg s’arrête, irrité. Se rend-il compte qu’il n’y a pas d’obstacle et que je suis en train de le manipuler ? Qui sait ? En tout cas la stimulation ne fonctionne que très modérément. Avant de pouvoir tester des fréquences de stimulation et des effets d’adaptation le cafard reprend le contrôle sur son corps. Il s’arrache une électrode de son antenne. Je décide de ne pas manipuler un troisième cafard. Ma limite morale est atteinte.

Les animaux perdent de leur charme

Reste la question : que faire avec les cafards après l’expérimentation ? Les tuer, les donner à manger ou les garder à la maison pour les prochaines années, comme animaux de compagnie ? Jörg Luy ne prévoit pas un avenir en rose pour les cafards : « Probablement ces animaux perdront leur charme aussi rapidement qu’une voiture télécommandée. Et puis après ? »

Depuis six mois mes cafards vont à merveille. Beaucoup de bébés cafards rampent dans l’enceinte. De temps en temps je regarde le cafard cyborg à la retraite, le deuxième de l’expérimentation (je ne reconnais plus le premier), grignoter quelque chose ou se déplacer à travers la cage. Quand il y a des obstacles il met plus de temps que ses congénères. Je ne puis nier que je me sois attachée en quelque sorte à cet individu particulier.

Cette expérimentation avec les cafards fut une expérience de la limite sous beaucoup d’aspects. Beaucoup de conversations intéressantes au sujet des tests sur animaux resteront encore longtemps dans ma mémoire, notamment la question s’il vaut mieux mourir que de prendre des médicaments efficaces mais développés grâce à des tests sur animaux. Je ne suis pas contre les tests sur animaux. Ils devraient néanmoins toujours être effectués avec beaucoup de considération et de mesure. Quels tests sur animaux sont moralement et éthiquement légitimes pour moi ? Où se trouve la frontière ? Je n’ai pas encore de réponse définitive. La confrontation avec le cafard cyborg m’a emmenée un peu plus loin sur ce chemin et m’a appris un profond respect devant ces animaux dramatiquement sous-estimés.

Un nouveau monde effrayant des animaux : des cyborg de mites et autres animaux pourraient servir de drones

Dans des laboratoires de recherche du monde entier des scientifiques bricolent sur des animaux téléguidés grâce à des implants électriques. Il est possible de pirater des animaux car les impulsions nerveuses sont transmises électriquement. Hormis une compréhension plus profonde du comportement animal et de leurs fonctions biologiques, les cyborgs pourraient jouer un rôle utile lors d’actions de sauvetage. Des rats ou des cafards téléguidés pourraient être utilisés pour repérer des survivants, par exemple après un tremblement de terre. Les militaires s’intéressent également aux cyborgs. En tête de tous se trouve la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency, l’Agence pour les projets de recherche avancée et de défense, ndt). Le département de recherche des militaires américains étudie intensément la possibilité d’espions miniatures sous formes d’insectes cyborg. Les cyborgs volants sont particulièrement intéressants car le vol est techniquement difficilement reproductible. Les insectes représentent ici une alternative organique propice. Récemment des chercheurs de l’Université de l’État de Caroline du Nord ont réussi à manipuler des muscles de vol de mites à l’aide d’impulsions électriques et à capturer les signaux électroniques qu’utilisent les mites pour commander leurs muscles (« Journal of Visualized Experiments », doi : 10.3791/50901). Des électrodes sont implantées dans le cocon dès le stade de nymphe. Ainsi les implants sont intégrés par les tissus de l’insecte. À l’aide de caméras et de micros miniatures une mite peut devenir un drone vivant. Les chercheurs de l’Université de l’Illinois poursuivent un autre but. Au lieu de manipuler des animaux entiers ils utilisent uniquement les cellules des muscles du squelette, extraites d’une lignée cellulaire de souris, comme propulseur pour un bio bot (robot capable de marcher, ndt) capable d’avancer (« PNAS », doi : 10.1073/pnas.1401577111). Le « squelette » de l’hybride en forme de U est composé d’hydrogel imprimé en 3D. Des impulsions électriques font contracter les fibres musculaires, le U se courbe et le bio bot fait un pas en avant. Cet objet minuscule de quelques millimètres parcourt ainsi une distance d’une longueur et demie de son corps par minute. Prochaine étape pour les chercheurs : intégrer des neurones dans le système pour avoir davantage de contrôle sur le bio bot. Ils espèrent que leur paquet de muscles pourra servir pour des observations environnementales ou des travaux de rangement. De plus en plus d’êtres humains voudraient également devenir cyborg. Leur but est l’optimisation de soi. Pour cela ils se font implanter des cartes magnétiques ou cartes à puce (identification radio) sous la peau. Ces dernières peuvent être programmées pour échanger des informations, ouvrir la porte du domicile ou déverrouiller le smartphone. Le premier cyborg officiellement reconnu par un gouvernement est Neil Harbisson. Cet artiste et musicien britannique et irlandais souffre depuis sa naissance d’achromatopsie ; il est complètement privé de vision des couleurs. Grâce à son « Eyeborg », un œil électronique qui ressemble à une antenne il peut entendre des couleurs. Depuis une mise à jour il aperçoit même l’infrarouge et l’ultraviolet. Il choisit ses vêtements non selon un accord de couleurs, mais selon l’harmonie sonore qu’il entend. Il dit que pour lui une visite au supermarché avec ses multiples emballages colorés est comme pour d’autres une visite à la discothèque.

Hier finden Sie den Originaltext auf deutsch aus der 
Frankfurter Allgeneinen Zeitung online vom 16/11/2014

 

Wie ich zur Kakerlake wurde

Auf Kakerlaken reagieren viele Menschen mit Ekel und Schrecken. In der Wissenschaft sind die flinken Krabbeltiere beliebte Forschungsobjekte für die Funktion des Nervensystems. Dürfen auch Laien mit ihnen experimentieren? Ein Selbstversuch.

16.11.2014, von INA HÜBENER

Seit einigen Monaten habe ich neue Untermieter: Kakerlaken. Doch sie haben sich nicht hinterrücks bei mir eingenistet. Ich habe sie mir freiwillig gekauft. Sie sind meine Haustiere. Sie fragen sich jetzt sicherlich: Wie kann jemand freiwillig Kakerlaken halten? Das ist doch Ungeziefer und der Inbegriff von Ekel schlechthin. Ich muss gestehen, so habe ich auch immer gedacht. Bis vor einem Jahr.

Schuld daran ist ein kleines Video, das ich im Internet sehe. Gebannt und ungläubig verfolge ich, wie sich vor meinen Augen eine Schabe in einen Cyborg verwandelt. In wenigen Minuten entsteht so ein Krabbeltier-Technik-Mischwesen, das durch eine schlichte Wischbewegung auf dem Smartphone wie ein Spielzeugauto ferngesteuert werden kann. Lediglich eine Kakerlake, Elektroden, die in die Fühler des Krabbeltiers gesteckt werden, und ein Chip, der über das Smartphone angesteuert wird, seien nötig, verspricht die Stimme im Off. Der Clou: Schon in wenigen Monaten, heißt es, sei das Kit, mit der sich eine gewöhnliche Schabe in ein Mischwesen verwandeln lässt, frei verkäuflich – für jeden! Einen kurzen Moment lang bin ich geschockt. Dann überwältigt mich die Neugier. Für eine angehende Neurowissenschaftlerin ist das eine spannende Möglichkeit, das im Vergleich zum menschlichen Gehirn recht einfache Nervensystem einer Schabe mit nur hundert Millionen Nervenzellen (statt hundert Milliarden wie beim Menschen) zu erforschen. Ich bestelle das Kit „RoboRoach“ noch am gleichen Nachmittag bei Backyard Brains, einem Start-up-Unternehmen aus den Vereinigten Staaten. Es kostet 99 Dollar.

Ethische Bedenken

Doch bald machen sich Zweifel breit. Darf ich das überhaupt? Was gibt mir eigentlich das Recht, mich über ein Tier zu stellen, und ist es ethisch erlaubt? Kann ich es überhaupt mit meinen eigenen Moralvorstellungen vereinbaren?

Ich hole mir Rat bei Jörg Luy. Der Veterinärmediziner und Philosoph leitet das Institut für Tierschutz und Tierverhalten an der FU Berlin. Er antwortet mir prompt auf meine E-Mail. Das grundlegende Problem betreffe die Natur der Schabe, schreibt er. Wissenschaftlich sei noch nicht geklärt, ob es sich bei der Schabe um einen nicht bewusst empfindungsfähigen „Bio-Roboter“ wie eine Pflanze oder um ein bewusst empfindungsfähiges Tier handele, erklärt er: „Wäre sichergestellt, dass es nur ,Bio-Roboter‘ sind, würden die wichtigsten ethischen Bedenken entfallen.“ Da die bewusste Empfindungsfähigkeit einer Schabe jedoch nicht ausgeschlossen sei, verstoße das ganze Verkaufsmodell gegen unsere moralischen Prinzipien. Zur Rechtslage erfahre ich von Luy, dass Deutschland beziehungsweise die EU als Gesetzgeber den Tierschutz nur dann gegen die allgemeine Handlungsfreiheit durchsetzen kann, wenn der wissenschaftliche Nachweis bewusster Empfindungsfähigkeit als erbracht gilt. Für die Schabe gibt es keinen rechtlichen Schutz. Während ich mich ethisch also in einer unbequemen Grauzone bewege, bin ich rechtlich auf der sicheren Seite.

Auch wenn mir immer noch etwas unwohl bei dem Gedanken ist, beschließe ich, das Experiment zu wagen. Für den Cyborg benötige ich eine recht große Schabe von etwa vier bis fünf Zentimeter Länge. Schließlich muss die Schabe später stark genug sein, um den 4,5 Gramm schweren Fernsteuerungs-Chip tragen zu können. Ich entdecke einen Online-Versand für Futtertiere. Begeistert klicke ich mich durch die verschiedenen Arten: von Schoko-Schabe über Waldschabe bis hin zur großen Fauchschabe. Doch da es draußen kalt ist, wäre eine kostspielige Thermoverpackung nötig. Also ein Versuch beim Baumarkt. Die Schaben sind leider schon vergriffen, aber nächsten Dienstag sollen wieder Argentinische Waldschaben als Futtertiere geliefert werden. Während der Wartezeit spreche ich mit Freunden über mein Vorhaben. Die Reaktionen reichen von sehr vereinzelten „Oh, wie spannend, davon musst du mir mehr erzählen“ über furchterfüllte Blicke und kurze Atemaussetzer. Die Abneigung gegen die flinken Krabbler scheint tief zu sitzen.

Schnell und tief am Boden

Woher stammt nur diese Urangst vor Schaben? Ich telefoniere mit dem Insektenforscher Holk Cruse von der Universität Bielefeld. Er glaubt, dass die schnelle Fortbewegung der Schaben ausschlaggebend ist: „Da haben wir Menschen wohl einen angeborenen Angstreflex: Was am Boden ist und schnell ist, das ist irgendwie gefährlich. Das ist wahrscheinlich evolutionär bei uns festgelegt“, vermutet Cruse. Es ist also kein Zufall, dass wir ausgerechnet Schaben als unangenehm empfinden. Immerhin gelten sie als die flinksten krabbelnden Insekten der Welt mit einer Sprintgeschwindigkeit von 5,4 km/h. Könnte ein Versuch, wie ich ihn mit den Kakerlaken plane, vielleicht dabei helfen, die Abneigung gegen Kakerlaken abzubauen? „Das ist ein Aspekt, den ich unterstützen würde“, sagt Cruse. Noch habe ich eine ordentlich Portion Respekt vor den Kakerlaken. Was ist, wenn mir zu Hause eine Schabe entwischt und sich vermehrt?

Mein Freund und ich beschließen, einen Hochsicherheitstrakt für die Schaben zu bauen. Wir kaufen ein Aquarium, und mein Freund baut einen schweren, passgenauen Deckel mit Fliegengitter aus Draht zur Belüftung. Als zweiten Sicherheitswall stülpen wir mit vollem Körpereinsatz eine ausrangierte schweinchenrosa Strumpfhose über den Deckel. Eine optisch heiße Konstruktion. Jetzt kann selbst die kleinste Babyschabe nicht mehr entwischen. Hoffentlich.

Neue Mitbewohner

Zwei Dienstage hintereinander stehe ich erwartungsvoll im Baumarkt und bekomme mitgeteilt, dass meine Schaben leider nicht mitgeliefert wurden. Es ist schwieriger, eine Schabe zu kaufen als einen Hund! Dann aber gelingt es uns endlich nach mehreren Telefonaten, in einem Zoogeschäft doch noch einige Waldschaben zu ergattern. Als wir unsere Schützlinge in ihr Gehege setzen, krabbelt mir eine vorsichtig über die Hand. Ihre filigranen Beinchen kitzeln – sie scheinen fast an meiner Handfläche zu kleben.

In ihrem Gehege fühlen sich unsere neuen Mitbewohner sichtlich wohl. Einige knabbern an Apfelgriebschen, die von unserem Frühstück übrig geblieben sind. Waldschaben sind pflegeleichte Allesfresser. Ein weiterer Pluspunkt: Sie können weder glatte Wände erklimmen noch fliegen. Eine Schabe streckt vorsichtig ihre Fühler aus einem der Eierkartons, die ihnen als Behausungen dienen. Eierkartons seien besonders geeignete Verstecke für Schaben, heißt es in Internetforen. Die lichtscheuen Tiere würden es lieben, sich gemeinsam in den Vertiefungen zusammenzukuscheln. Je mehr ich über Schaben lese, desto mehr faszinieren mich diese Insekten, die auf den wissenschaftlichen Namen Blattodea hören.

Unverwüstliche Tiere

Schaben besiedeln schon seit mehr als 300 Millionen Jahren unseren Planeten. Sie huschten also schon zu einer Zeit herum, als sich die Dinosaurier entwickelten. Es gibt etwa 4600 Arten von Schaben. Und jedes Jahr werden neue entdeckt. Die meisten davon leben in einer Zone von dreißig Breitengraden südlich und nördlich des Äquators. Hier ist es konstant warm und feucht. Mit Ausnahme der Polregionen wurden die unverwüstlichen Tierchen schon überall gesichtet.

Kakerlaken sind wahre Überlebenskünstler und Meister der Anpassung. So versuchen wir Menschen beispielsweise seit Mitte der achtziger Jahre, Schaben mit giftigen Ködern aus einem Gemisch aus Insektiziden und Zucker zu vernichten. Doch innerhalb weniger Jahre entwickelten Populationen der Deutschen Küchenschabe eine neue Verhaltensweise: eine Abneigung gegen Glucose. Coby Schal von der North Carolina State University in Raleigh und ihren Kollegen gelang es im vergangenen Jahr, den biologischen Mechanismus dahinter aufzudecken. Die Glucose stimuliere bei den Schaben zusätzlich die bitteren Geschmacksrezeptoren und unterdrücke sogar den Effekt der Glucose an den Zucker-Rezeptoren, berichten sie in „Science“ (doi: 10.1126/science.1234854). Dank dieser Adaptation, die sie auch an ihre Nachkommen vererben, können ihnen die giftigen Köder nun nichts mehr anhaben. Es steht also eins zu null für die Schaben im Kampf um die Vorherrschaft auf unserem Planeten.

Eiswasser zur Betäubung

Mittlerweile sind alle Utensilien, die ich benötige, um einen Kakerlaken-Cyborg zu erschaffen, beisammen. In der Nacht vor dem Experiment schlafe ich unruhig. Sonntagvormittag breite ich alle Utensilien fein säuberlich vor mir auf dem Couchtisch aus: Knete, Küchenrolle, feines Schmirgelpapier, eine Tasse mit Eiswürfeln, Zahnstocher, Wattepads, ein Eisstiel aus Holz, Sekundenkleber, eine Nagelschere, Nadeln, Heißkleber, eine Pinzette und eine Zange, eine Lupe, Stoppuhr, ein Stift, Elektroden, die Versuchsanleitung und ein Versuchsprotokoll. Jetzt fehlt nur noch die Schabe. Mit meinem Freund, der mir bei dem Versuch assistiert, wähle ich ein kräftiges Weibchen aus, dessen einer Fühler bereits halb fehlte, als es zu uns kam.

Als Erstes tauche ich die Schabe mit der Pinzette in Eiswasser, bis sie sich nicht mehr regt. Die Handystoppuhr zeigt vier Minuten. Die Schabe ist nun betäubt, weil sie sich als wechselwarmes Tier der Umgebungstemperatur anpasst. Ist die Schabe aus dem Eisbad herausgefischt, muss alles sehr schnell gehen. Mit einem Wattestäbchen trockne ich hektisch von oben das Halsschild der Schabe. Dann raue ich den Panzer mit Schmirgelpapier auf, damit der Kleber gleich besser hält. Auf dem Panzer des reglosen Tieres befestige ich die drei Elektroden mit der schwarzen Halterung für die Fernsteuerung mit einem Tropfen Sekundenkleber und tauche die Schabe wieder für zwei Minuten in das Eiswürfelbad. Das Kühlen muss nach jedem Schritt wiederholt werden, damit die Schabe betäubt bleibt und mir nicht wegläuft.

Amputation des Sinnesorgans

Jetzt kommt der heikelste Teil: Das Einführen der Elektroden. Mit Knete fixiere ich die Schabe auf dem Operationstisch, trockne ihren Thorax, schmirgle kurz und bohre dann mit einer spitzen, sterilisierten Nähnadel ein winziges Loch in den Chitinpanzer hinter ihrem Kopf. Auf keinen Fall darf man das Loch genau mittig bohren, da man sonst die Speiseröhre verletzen könnte. Mit zitternden Fingern stecke ich nun die Erdungselektrode mit Hilfe einer Pinzette einen Millimeter tief in das Loch.

Nun die Fühler. Ich greife zögerlich die Nagelschere und halte die Luft an. Schnapp. Die leblose Spitze des linken Fühlers fällt auf den Tisch. Sechs Millimeter des Sinnesorgans bleiben dem Tier.

Schmerz verspürt das Tier dabei vermutlich keinen. Denn nach heutigem Kenntnisstand sind Schaben zu diesem Gefühl nicht fähig, wie mir Insektenforscher Holk Cruse bestätigt. Dennoch beraube ich die Schabe eines essentiellen Sinnesorgans. Ihre Fühler sind mit Rezeptoren für Temperatur, Bewegung und Geruch ausgerüstet. Ob sie sich später mit dem restlichen Fühler noch zurechtfinden wird? In der freien Wildbahn hätte sie vermutlich keine Chance. Aber in meinem Gehege findet sie Essen an jeder Ecke und muss keine Feinde fürchten.

Was bewirkt ein solches Kit bei Jugendlichen?

Ich spüre, dass ich heute eine Grenze überschritten habe. Noch nie zuvor habe ich ein Lebewesen derart in seiner Freiheit eingeschränkt. Seit zwei Jahren studiere ich das Nervensystem, um in ein paar Jahren vielleicht als Neurowissenschaftlerin an Alzheimer zu forschen oder weiter zu entschlüsseln, wie unser Gehirn grundlegend funktioniert. Seit ich diesen Weg eingeschlagen habe, bereite ich mich geistig darauf vor, eines Tages vielleicht mit Tieren zu experimentieren. Tierexperimente gehören zum Alltag von Forschern. Dennoch reißt der Versuch mit den Schaben eine Wunde in mein Gewissen.

Was bewirkt ein solches Tierexperiment wohl in der verletzlichen Psyche eines Jugendlichen? Schließlich kann das „RoboRoach“-Kit von jedem bestellt werden. „Ich kann mir vorstellen, dass die Jugendlichen dann später auch versuchen, so etwas mit Wirbeltieren, mit Katzen und Hunden zu machen“, befürchtet Jürgen Ptucha. Der forensische Psychologe arbeitet in der Jugendhaftanstalt Ichtershausen und hat viel Erfahrung mit gewalttätigen Jugendlichen. Für Kinder gebe es verschiedene Motive, Tiere zu quälen, erklärt er. „Die eigene Ohnmacht, die man in der Familie erlebt, wird an einem Tier abreagiert. Das ist oft auch Rache. Manchmal hat man mit einem Tier auch eine schlechte Erfahrung gemacht, wurde zum Beispiel von einem Hund gebissen und rächt sich dann an anderen vergleichbaren Tieren.“ Was auch die Motive sein mögen, fest steht: Tiere zu quälen, ist auf jeden Fall ein ungünstiges Merkmal. „Bettnässen, Feuer legen und Tiere quälen gilt als Risikotriade für eine spätere Gewalttäter-Karriere“, weiß Ptucha.

„Wie ein Spielzeug“

Wäre es dennoch möglich, dass junge Menschen von einem Experiment mit einem lebenden Insekt profitieren und wertvolle neurowissenschaftliche Erfahrungen sammeln, wie es von den Entwicklern der Cyborg-Schabe propagiert wird? „Ich denke, dass Jugendliche ab vierzehn, fünfzehn Jahren durchaus positiven Nutzen daraus ziehen können. Vorausgesetzt, sie machen das im Schulunterricht vor dem Hintergrund der Frage, wie ein Nervensystem funktioniert“, sagt Marc Allroggen, Oberarzt an der Klinik für Kinder- und Jugendpsychiatrie am Universitätsklinikum Ulm. „Unterhalb dieses Alters finde ich es eigentlich nicht empfehlenswert.“ Er steht dem Experiment zwiespältig gegenüber. Besonders problematisch sieht er die Aufmachung der Cyborg-Kakerlake, die wie ein „Spielzeug“ oder „Chemiebaukasten“ anmute. Der Aspekt, dass man tatsächlich etwas mit einem lebenden Tier macht, kommt in seinen Augen zu kurz. Genau wie Jürgen Ptucha befürchtet auch er, dass die Jugendlichen das Experiment auf andere Tiere übertragen könnten. Unterstützung erhalten sie in diesem Punkt von Ursula Wolf. Die Philosophin von der Universität Mannheim sagt: „Kinder verallgemeinern das natürlich auf alle Tiere. Ein Kind weiß ja nicht, ob ein Insekt Schmerz empfindet oder ein anderes Tier.“

Während mir all diese Bedenken im Kopf herumschwirren, blickt mich der gestutzte Fühler der Schabe mahnend an. In das Loch versuche ich, die linke Elektrode mit Hilfe einer Lupe hineinzustecken. Endlich steckt die Elektrode, ich fixiere sie rasch mit dem Sekundenkleber. Die gleiche Prozedur noch mit dem rechten Fühler. Nun müssen die Drähte noch möglichst eng fixiert werden, damit sich die Schabe die Elektroden nicht selbst wieder herauszieht. Dafür gieße ich aus einer winzigen Niedrigtemperaturheißklebepistole für Kinder einen Tropfen auf die Halterung für die Fernbedienung und drücke ihn mit einem in Mehl getauchten Eisstiel aus Holz breit. Fertig. Die Schabe wacht langsam aus der Betäubung auf. Ich gebe ihr noch etwas Salat zum Knabbern und eine Küchenrolle als Versteck.

Kein Erfolg

Bevor ich testen kann, ob die Operation ein Erfolg war, muss ich noch mindestens vier Stunden warten, bis sich die Schabe erholt hat von den Strapazen. Als ich zwei Stunden später nach ihr schaue, hat sie sich bereits eine Elektrode aus dem Fühler gezogen und die Erdungselektrode baumelt lose über ihrem Körper. Ein Desaster. Was habe ich falsch gemacht? Steckten die Elektroden nicht tief genug, war der Kleber zu flüssig? Am nächsten Tag stehe ich wieder im Baumarkt und kaufe extra dickflüssigen Gel-Sekundenkleber. Der Versuch mit einer zweiten Schabe und dem neuen Kleber gelingt.

Als Teststrecke dient wieder unser Sofatisch. Bevor es losgehen kann, wird das sogenannte Backpack mit den Elektroden verbunden. Die Steckverbindung ist schwergängig. Mit dem Elektronikrucksack kann sich die Schabe noch gut auf den Beinen halten, bewegt sich freiwillig aber nicht mehr viel. Jetzt kommt der entscheidende Moment. Ich verbinde die Smartphone-App mit der Cyborg-Schabe. Die Fernsteuerung leuchtet blau. Die Verbindung steht. Mit meinem rechten Daumen wische ich nach rechts und injiziere dadurch einen Mikrostrom von 55 Hz in den linken Fühler des Cyborg – eine Neurostimulation, die ähnlich funktioniert wie die Tiefenhirnstimulation bei Parkinson-Patienten. Die Nervenzellen im Fühler werden durch den Stromimpuls zum Feuern angeregt und leiten Aktionspotentiale zum Gehirn weiter. So wird der Schabe suggeriert, dass sie links gegen ein Hindernis stößt. Die Schabe scheint sich leicht nach rechts vom imaginären Hindernis wegzudrehen. Ein zweiter Versuch. Jetzt krabbelt sie von allein, ich schiebe meinen Daumen nach links. Der Cyborg bleibt irritiert stehen. Ob er merkt, dass da gar kein Hindernis ist und ich ihn nur manipuliere? Wer weiß? Die Stimulation funktioniert jedenfalls nur sehr bescheiden. Bevor ich dazu komme, verschiedene Reizabstände und Gewöhnungseffekte auszutesten, übernimmt die Schabe wieder die Kontrolle über ihren Körper. Sie reißt sich eine Elektrode aus ihrem Fühler. Ich entscheide mich dagegen, eine dritte Schabe zu manipulieren. Meine moralische Grenze ist erreicht.

Die Tiere verlieren ihren Reiz

Bleibt noch die Frage: Was wird aus den Schaben nach dem Experiment? Töten oder verfüttern oder doch für die nächsten Jahre als Haustier behalten? Jörg Luy malt sich keine rosige Zukunft für die Schaben aus: „Voraussichtlich werden die Tiere genauso schnell an Reiz verlieren wie ferngesteuerte Autos. Und was dann?“

Meinen Schaben geht es jetzt schon seit einem halben Jahr prächtig. Es krabbeln bereits viele Baby-Schaben durch das Gehege. Alle paar Tage sehe ich die in Rente geschickte Cyborg-Schabe, die zweite aus dem Versuch (die erste erkenne ich nicht mehr), wie sie an etwas nagt oder durch den Käfig streift. An Hindernissen benötigt sie etwas länger als ihre Artgenossen. Ich kann nicht leugnen, dass mir dieses besondere Individuum in gewisser Weise ans Herz gewachsen ist.

Der Versuch mit den Schaben war in vielerlei Hinsicht eine Grenzerfahrung. Viele interessante Gespräche über Tierversuche bis hin zu der Frage, ob man lieber sterben würde, als helfende Medikamente zu nehmen, die durch Tierversuche entstanden sind, werden noch lange in meinen Gedächtnis bleiben. Ich lehne Tierversuche nicht ab. Sie sollten jedoch immer mit Bedacht und maßvoll durchgeführt werden. Welche Tierversuche sind moralisch und ethisch für mich legitim? Wo ziehe ich die Grenze? Noch habe ich keine schlüssige Antwort. Die Auseinandersetzung mit der Cyborg-Schabe hat mich ein Stück weitergebracht auf diesem Weg und mich tiefen Respekt vor diesen dramatisch unterschätzten Tieren gelehrt.

Schaurige neue Tierwelt: Motten-Cyborgs und andere Insekten könnten als Drohnen dienen

In Forschungslaboren auf der ganzen Welt tüfteln Wissenschaftler daran, Tiere mit elektrischen Implantaten fernzusteuern. Tiere zu hacken, ist möglich, weil Nervenimpulse elektrisch weitergeleitet werden. Neben einem tieferen Verständnis des Tierverhaltens und biologischer Funktionen könnten Cyborgs künftig bei Rettungsaktionen eine nützliche Rolle spielen. Ferngesteuerte Ratten oder Kakerlaken könnten zum Aufspüren von Überlebenden – etwa nach Erdbeben – eingesetzt werden. Auch das Militär ist an Cyborgs interessiert. Ganz vorne dabei ist die DARPA. Der Forschungsarm des amerikanischen Militärs forscht intensiv an Minispionen in Form von Cyborg-Insekten. Fliegende Cyborgs sind besonders interessant, da der Flug nur schwer technisch nachzubilden ist. Insekten sind hier eine günstige, organische Alternative. Erst kürzlich gelang es Wissenschaftlern von der North Carolina State University, die Flugmuskeln von Motten mit elektrischen Impulsen zu manipulieren und die elektrischen Signale abzugreifen, die Motten nutzen, um ihre Muskeln zu steuern (“Journal of Visualized Experiments“, doi:10.3791/50901).Die Elektroden werden bereits im Puppenstadium im Kokon eingesetzt. So werden die Implantate vom Gewebe des Insekts integriert. Mit Minikamera und Mikrofonen könnte so aus einer Motte eine lebende Drohne werden. Ein anderes Konzept verfolgen Forscher der Universität Illinois. Anstatt komplette Tiere zu hacken, nutzen sie lediglich Skelettmuskelzellen, die aus einer Vorläuferzelllinie von Mäusen gewonnen wurden, als Antrieb für einen laufenden Bio-Bot (“PNAS“, doi: 10.1073/pnas.1401577111). Das U-förmige „Skelett“ des Hybrids besteht aus elastischem Hydrogel, das mit einem 3D-Drucker erstellt wurde. Elektrische Impulse lassen die Muskelfasern kontrahieren, das U biegt sich, und der Bio-Bot macht einen Schritt nach vorne. Pro Minute legt der nur wenige Millimeter große Winzling damit eine Strecke von 1,5 Körperlängen zurück. Als nächstes wollen die Forscher noch Neurone in das System integrieren, um mehr Kontrolle über die Bio-Bots zu erhalten. Sie erhoffen sich, dass ihr Muskelpaket im Umweltmonitoring oder für Aufräumarbeiten genutzt werden kann. Auch immer mehr Menschen wollen zum Cyborg werden. Ihr Ziel ist die Selbstoptimierung. Dafür lassen sie sich beispielsweise Magnete oder NFC (Nahfeldkommunikation)-Chips unter die Haut implantieren. Letztere können darauf programmiert werden, Informationen auszutauschen, die Haustür zu öffnen oder das Smartphone zu entsichern. Der erste offiziell von einer Regierung anerkannte Cyborg ist Neil Harbisson. Der britisch-irische Künstler und Musiker leidet seit seiner Geburt an Achromatopsie; er ist völlig farbenblind. Mit seinem „Eyeborg“, einem elektronischen Auge, das wie eine Antenne anmutet, kann er Farben hören. Selbst Infrarot und Ultraviolett nimmt er seit einem Update wahr. Seine Kleidung wählt er nicht danach aus, was farblich passt, sondern ob die Farben eine schöne Klangharmonie ergeben. Ein Besuch im Supermarkt mit den vielen bunten Verpackungen sei für ihn wie für andere ein Besuch in der Disco, sagt er.

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