Professeur Voilà-voilà

Professeur Voilà-voilà

De Franz Adam Beyerlein

Publié dans Simplicissimus N° 37, 7e année, du 9 décembre 1902
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Nous avions fait sa connaissance pendant un bref séjour estival dans la Forêt Noire. En vérité, il ne s’appelait pas Voilà-voilà, mais Starke, il était professeur associé de philologie classique à l’université de Fribourg, sa spécialité étant Lysias. À cette époque, c’est ma femme qui lui avait donné le surnom de Voilà-voilà puisqu’au début de chaque conversation, il avait l’habitude de commencer ses répliques en concédant à voix douce « voilà-voilà ». Grâce à ce « voilà-voilà » il finissait par acquiescer à tout ce que les autres affirmaient, c’est uniquement lorsque la conversation tournait autour de la philologie classique qu’il osait exprimer sa propre opinion. Mais, dans ce cas, il la défendait vraiment becs et ongles, exactement comme le fait un véritable professeur allemand. Lire la suite

Acide de bouc

Acide de bouc

De Gustav Meyrinck

Publié dans Simplicissimus N° 32, 7e année, du 4 novembre 1902
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Málaga est un endroit magnifique, il y fait néanmoins très chaud. Le soleil darde tout au long de la journée sur ses collines abruptes, faisant mûrir la vigne qui prospère sur les terrasses naturelles.

Sur la mer bleue et calme, les voiliers blancs se déplacent au loin, avançant comme autant de mouettes. Les gros moines là-haut dans l’abbaye d’Alcazaba sont devenus fiers et riches à cause du Guindre que désormais seuls les ducs consomment. Qui ignore encore le Guindre de l’abbaye d’Alcazaba ? Si corsé, si doux, si capiteux ; on ne parle que de lui à travers toute l’Espagne. Seules les personnalités distinguées du pays peuvent se permettre de le savourer dans leurs verres étincelants tant il est devenu précieux à l’instar d’un or liquide. Lire la suite

« Ça ira, ça se fera, princesse »

« Ça ira, ça se fera, princesse »

De Gustav Meyrink

Publié dans Simplicissimus N° 18, 7e année, du 29 juillet 1902
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« Bonjour Messieurs, » déclara le dandy tout en poussant sa légère valise à main de cuir jaune dans le filet à bagages du compartiment.

« Tout l’honneur est pour moi » et « Tous mes compliments » saluèrent les deux vieux messieurs flegmatiques d’une manière particulièrement obligeante car le dandy était très riche ce que tout Praguois honorable était censé savoir, de plus, il affichait une allure singulièrement indéfinissable, une sorte d’assurance qui les terrifiait. Lire la suite

Le penny bleu de l’île Maurice

Le penny bleu de l’île Maurice

De Heinrich Körner

Publié dans Simplicissimus N° 30, 7e année, du 21 octobre 1902
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Le vieux monsieur distingué commence son récit : Le fils de monsieur le secrétaire Rupprecht, demeurant au troisième étage de notre immeuble, et moi-même partagions autrefois le même banc à l’école lorsque nous fréquentions la plus petite classe du lycée. Bien qu’il bénéficiât d’une bourse, ses parents devaient néanmoins restreindre leurs dépenses pour lui permettre de fréquenter le lycée, mais aussi pour pouvoir mettre une certaine somme de côté afin de financer ses études onéreuses prévues ultérieurement. C’est pour cette raison qu’ils avaient également permis à une parente lointaine de louer une chambre chez eux. Mademoiselle Spindler était une très gentille jeune fille, cependant, peu auparavant, elle avait été malencontreusement victime d’un petit accident, de cette sorte, son nouveau-né avait également été logé sur place. Lire la suite

La mort violette

La mort violette

De Gustav Meyrinck

Publié dans Simplicissimus N° 8, 7e année, du 20 mai 1902
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Le Tibétain se tut. Sa silhouette maigre s’attardait encore quelques secondes, droite et immobile, puis elle disparut dans la jungle. Sir Roger Thornton scruta le feu. Si ce Tibétain n’avait pas été sannyāsin, c’est-à-dire un pénitent et, de surcroît, en pèlerinage pour Bénarès, il n’aurait pas cru un traître mot de ce qu’il lui avait dit, mais un sannyāsin ne ment jamais, il est du reste également impossible de le tromper. Ce tressaillement insidieux, voire cruel sur les traits de l’Asiatique !? Ou bien était-ce la lueur des flammes qui l’avait induit en erreur en se reflétant si étrangement dans ces yeux mongoloïdes ? Les Tibétains haïssent les Européens, préservant jalousement leurs secrets magiques à l’aide desquels ils espèrent pouvoir un jour anéantir ces étrangers hautains lorsque le grand jour sera arrivé. Qu’importe, lui, Sir Hannibal Roger Thornton, devait aller vérifier de ses propres yeux si de telles forces occultes reposaient véritablement entre les mains de ce peuple énigmatique. Lire la suite

Pique

Pique

Par Auer-Waldborn (pseudonyme de l’écrivain autrichien Arthur Zoglauer)

Publié dans Simplicissimus N° 6, 7e année, du 6 mai 1902
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Pique était un animal célèbre dans toute la ville. N’appartenait-il pas à Mika Duninska qui, depuis deux mois déjà, attirait tous les soirs la faune noctambule de Mitrovitza au Colisée.

Seul le diable sait d’où cet établissement enfumé, sale et jamais aéré tenait ce nom. Toujours est-il que son propriétaire était atteint de folie des grandeurs déjà pour la simple raison qu’il avait osé baptiser l’infâme piquette, provoquant systématiquement d’horribles maux de ventre au moins pendant trois jours d’affilée, du nom prestigieux de « champagne », c’est tout au moins ce qui était mentionné sur l’unique carte des vins, poisseuse comme le reste. Lire la suite

Les suicidaires

Les suicidaires

De Dr Kunoj

Publié dans Simplicissimus N° 52, 7e année, du 22 avril 1902
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Le soleil était déjà passablement haut sur l’horizon lorsque Théo, sifflant son teckel, quitta la maison par une porte latérale afin de faire le tour du domaine. À mi-chemin, il alluma un cigare Upmann, le seul qui trouvait encore grâce à ses yeux lorsque son état de santé laissait à désirer ce qui était le cas ce jour, à cause des événements de la veille. Lire la suite