Herba cannabis Indicae

Herba cannabis Indicae

De Paul Busson

Publié dans Simplicissimus N° 33, 8e année, du 10 novembre 1903,
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Le sentier est escarpé et rocailleux. Au-dessus de la forêt, les nuages de pluie s’accumulent, les maigres buissons d’épine-vinette frémissent sous les rafales d’un vent glacial.
Le docteur Preinthaller s’arrête quelques instants afin d’essuyer de ses grosses mains les manches de sa veste de loden dégouttant de pluie. La route est longue jusqu’à la ferme des Bachleitner et à l’auberge du Cerf Doré un nouveau fût venait d’être mis en perce. De quel mal pouvait donc être atteint cet Anglais fou ayant acquis le domaine dans le courant de l’été et qui y séjourne à présent en compagnie de son serviteur ? Un rhume peut-être ! Lire la suite

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La feuille-soleil

La feuille-soleil

Par Otto Erich Hartleben

Publié dans Simplicissimus N° 30, 8e année, du 20 octobre 1903, 
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La ville qui me vit naître est située tout en haut d’une montagne ténébreuse. Librement balayée par les vents, elle est entourée de vastes prairies sur lesquelles prolifère le trèfle.
Ces prairies descendent de toutes parts, quelle que soit la direction empruntée, tous les sentiers conduisent bientôt dans une forêt silencieuse. Ses sapins argentés sont noirs et graves. Le hallier est à la fois énigmatique et effrayant. Sans cesse, les invisibles sources de la montagne y bruissent et murmurent. Leur bruissement s’accentue encore durant la nuit. Lire la suite

L’esprit de la terre

L’esprit de la terre

Par Alfred Polgar

Publié dans Simplicissimus N° 29, 8e année, du 13 octobre 1903,
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Cinq messieurs étaient tombés amoureux de la même jeune dame. Ils se prénommaient Arthur, Bertram, Celestin, Daniel et Ernst. Leur nom de famille n’ajouterait rien à notre propos. La jeune dame s’appelait Lilian Kingshott. C’est tout du moins ce qu’elle prétendait. Lire la suite

Dr. Lederer

Dr. Lederer

De Gustav Meyrink

Publié dans Simplicissimus N° 24, 8e année, du 8 septembre 1903,
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« Avez-vous vu cette foudre? – Il a dû se passer quelque chose à la centrale électrique. – Voyez là-bas, juste au-dessus des immeubles. »
En effet, plusieurs personnes s’étaient arrêtées pour regarder dans la même direction…. … Une épaisse couche nuageuse s’était immobilisée au-dessus de la ville, coiffant la vallée de son couvercle noir… … la vapeur s’élevant des toits voulait éviter que les étoiles ne se moquassent de cette sotte humanité. Lire la suite

L’eau dense

L’eau dense

De Gustav Meyrink

Publié dans Simplicissimus N° 14, 8e année, du 30 juin 1903
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Une jubilation sans borne régnait au club nautique « Clia ». Rudi, surnommé ‘Poisson en gelée’, le deuxième homme de proue, s’était laissé convaincre et promit finalement de participer. L’aviron à huit était donc au complet. Dieu merci ! Lire la suite

Par la fenêtre

Par la fenêtre

Publié dans Simplicissimus N° 17, 8e année, du 21 juillet 1903 
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De Kurt Aram

À présent, cela fait dix ans déjà. À cette époque, j’étais encore très jeune ; périodiquement, j’allais très mal du point de vue pécuniaire pendant quelques jours par mois, vois-tu, ainsi devais-je rester trois, voire quatre, parfois même jusqu’à cinq jours d’affilée chez moi à la maison. Cet ennui m’arrivait généralement douze fois par an. Il n’y avait strictement rien à faire. Lire la suite

La sphère noire

La sphère noire

De Gustav Meyrink

Publié dans Simplicissimus N° 05, 8e année, du 28 avril 1903 
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C’est sous forme de rumeur en provenance d’Asie que la nouvelle parvint dans les sphères culturelles du monde occidental ; fabuleuse, incohérente à ses débuts, elle laissait entendre qu’une invention pour ainsi dire extraordinaire avait été faite par des pénitents, appelés Gosains, totalement incultes et à moitié barbares, dans l’état de Sikkim, au sud de l’Himalaya. Lire la suite